Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2506154
jeudi 10 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2506154 |
| Type | Ordonnance |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2025 Mme B G et Mme E G, agissant pour cette dernière en son nom et au nom de ses enfants mineurs C D, F D et A D, représentées par Me Arnal, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 2 mars 2025 par laquelle l'autorité consulaire française à Alger a refusé de délivrer à Mme B G un visa de court séjour ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer la demande de visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'octroi de l'aide juridictionnelle, ou à leur verser directement en cas de rejet de leur demande d'aide juridictionnelle.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que Mme E G a besoin du soutien de sa sœur, Mme B G, pour l'aider à s'occuper de ses trois enfants dont l'état de santé nécessite une grande disponibilité, raison pour laquelle le couple parental a dû arrêter de travailler ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée dès lors que :
* la décision est insuffisamment motivée ;
* la décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la demanderesse de visa remplit toutes les conditions pour se voir octroyer le visa sollicité et qu'elle a justifié de l'objet et des conditions de son séjour en France ;
* la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle empêche Mme G d'être un soutien moral et physique pour sa sœur, ses neveux et nièce ;
* la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
* la décision méconnaît l'article 7 de la convention relative aux droits des personnes handicapées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mme Chatal, conseillère, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En application de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif en application des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Mme G, ressortissante algérienne née en 1990, soutient avoir sollicité un visa de court séjour afin de se rendre auprès de sa sœur, dont l'un des enfants souffre d'un handicap marqué par un retard de développement et l'autre enfant, née en 2022, est hospitalisée depuis plusieurs semaines en raison d'une encéphalite. Elle fait valoir que la situation est difficile à gérer pour sa sœur et l'époux de celle-ci qui ont dû interrompre leur activité professionnelle dans le but de s'occuper de leurs enfants, et que sa présence à leurs côtés les soulagerait pendant la durée de son séjour. Il est constant que Mme G a contesté la décision consulaire lui refusant l'octroi d'un visa de court séjour devant la sous-direction des visas qui a réceptionné son recours le 24 mars 2025. Eu égard à l'objet de la demande de visa et compte tenu de la saisine récente de la sous-direction des visas, qui ne s'est pas encore prononcée sur le recours, les requérantes ne peuvent être regardées comme justifiant d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il s'ensuit qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B G et Mme E G est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B G et à Mme E G.
Fait à Nantes, le 10 avril 2025
La juge des référés,
A. Chatal
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,