Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2506399

vendredi 11 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2506399
TypeOrdonnance

Résumé IA

Refus de visa de long séjour pour réunification familiale. Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, rejette la demande de suspension des décisions de refus de visa opposées à l'épouse et à la fille d'un réfugié. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie, faute pour les requérants de démontrer une atteinte grave et immédiate à leur situation. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 avril 2025 M. C B, agissant pour le compte de l'enfant Taifa B, et Mme D A, représentés par Me Ngamakita, demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des deux décisions du 3 septembre 2024 par lesquelles l'autorité diplomatique française à Dacca (Bangladesh) a refusé de délivrer à Mme A et à l'enfant Taifa B des visas de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale, et de suspendre l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre ces deux décisions ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'accorder les visas sollicités ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des dépens ainsi qu'une somme de 1 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Ils soutiennent que :

- contrairement à ce que soutient l'autorité diplomatique française au Bangladesh, l'identité des demanderesses de visas et leur lien de famille avec le réunifiant sont établis par les documents d'état civil produits à l'appui de leurs demandes ;

- les demanderesses de visas remplissent toutes les conditions requises pour se voir délivrer des visas au titre de la procédure de réunification familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mme Chatal, première conseillère, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En application de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif en application des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Il ressort des pièces du dossier que M. C B a été reconnu réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 juillet 2023 et que les visas ont été sollicités au titre de la procédure de réunification familiale par des personnes se présentant comme son épouse et sa fille. Les requérants ne font cependant valoir aucune autre circonstance pour justifier de l'urgence à statuer sur leur requête et ne démontrent pas que les décisions de refus de visas porteraient une atteinte grave et immédiate à leur situation. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant dès lors pas remplie, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B et de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à Mme D A.

Fait à Nantes, le 11 avril 2025

La juge des référés,

A. Chatal

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,