jeudi 25 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2514520 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AHMADI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2025, suivie d'un mémoire, enregistré le 5 septembre 2025, M. A B et Mme C B représentés par Me B demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours exercé contre la décision du 5 mai 2025 par laquelle les autorités consulaires françaises à Téhéran (Iran) ont refusé de délivrer un visa de long séjour à M. A B au titre de la réunification de famille de réfugié ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa demandé dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer la demande de visa dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite eu égard à la durée de la séparation familiale qui porte atteinte à leur droit à une vie privée et familiale normale, la requérante ayant repris contact avec son fils dès que le père de l'enfant le lui a permis, le passeport de M. B arrivant à expiration le 18 novembre 2025 et ne pouvant être renouvelé compte tenu des prix prohibitifs pratiqués par les talibans alors qu'il risque d'être intégré dans les milices talibanes depuis qu'il est devenu jeune majeur ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
* elle méconnaît les dispositions des articles L. 561-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il n'a pas été tenu compte de l'antériorité de la demande de réunification et de visa déposées au cours de l'année 2021, le lien de filiation n'étant pas remis en cause par les autorités consulaires ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard à la durée de séparation de la famille et des risques encourus par le requérant dans la région où il réside.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet des requêtes :
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite en ce que le requérant ne produit aucun élément attestant d'une situation de vulnérabilité circonstanciée nonobstant la séparation familiale alors que la requérante attendu plus de dix ans pour engager les démarches de réunification après l'obtention d'une protection internationale, l'intéressé ne déposant une demande de visa que le jour de ses dix-neuf ans, le rejet des démarches engagées en 2021 par les autorités consulaires à Téhéran n'étant pas établies ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée eu égard.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 septembre 2025 à 9h30 :
- le rapport de M. Echasserieau juge des référés,
- et les observations de la représentante du ministre de l'intérieur.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B demandent la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire contre la décision des autorités consulaires françaises à Téhéran du 5 mai 2025 refusant de délivrer un visa au titre de la réunification familiale à M. A B.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Eu égard au temps écoulé entre l'obtention du statut de réfugié par la requérante en 2014, les premières démarches en vue de l'obtention d'un visa auprès des autorités consulaires françaises au Pakistan au cours de l'année 2021, la relance de la procédure en mars 2023 alors qu'il n'existe pas de preuve de dépendance spécifique de M. A B vis-à-vis de Mme B, la condition d'urgence au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, nonobstant l'expiration le 18 novembre 2025 de la validité du passeport de M. A B, n'est pas satisfaite. Il y a donc lieu, sans qu'il y ait lieu de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. B et Mme B, ainsi, par voie de conséquence, que leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mme C B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur
Fait à Nantes, le 25 septembre 2025.
Le juge des référés,
B. Echasserieau La greffière,
G. Peigné
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2514520
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026