Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par M. A... d’un recours en excès de pouvoir contre la décision implicite de rejet du ministre de l’intérieur, confirmant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet de l’Oise. Le tribunal s’est déclaré territorialement incompétent, estimant que cette décision de classement sans suite, fondée sur l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, n’entre pas dans le champ des recours prévus à l’article R. 312-18 du code de justice administrative. En application de l’article R. 312-1 du même code, la compétence revient au tribunal administratif dans le ressort duquel l’autorité ayant pris la décision attaquée a son siège, soit le Tribunal Administratif d’Amiens. Par ordonnance, le tribunal a donc transmis le dossier à cette juridiction.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Jeugue Doungue demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, sur son recours formé contre la décision du 23 avril 2025 du préfet de l’Oise classant sans suite sa demande de naturalisation ;
2°) d’enjoindre au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de lui accorder la nationalité française ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu’une cour administrative d’appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu’il estime relever de la compétence d’une juridiction administrative autre que le Conseil d’Etat, son président (…) transmet sans délai le dossier à la juridiction qu’il estime compétente (…) ».
Aux termes de l'article R. 312-1 du code de justice administrative : « Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée ». En vertu du second alinéa de l’article R. 312-18 de ce code : « Par dérogation au second alinéa de l'article R. 312-1, le tribunal administratif de Nantes est compétent pour connaître des recours dirigés contre les décisions du ministre chargé des naturalisations prises en application de l’article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. ». L’article R. 221-3 du même code dispose que : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) Amiens : Aisne, Oise, Somme ; (…) ».
L’article 45 du décret du 30 décembre 1993 visé ci-dessus relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française institue un recours préalable obligatoire pour contester les décisions préfectorales constatant l’irrecevabilité d’une demande d’acquisition de la nationalité française, prises sur le fondement de l’article 43 du même décret ou celles ajournant ou rejetant une telle demande, en vertu de l’article 44, mais ne concerne pas les décisions préfectorales de classement sans suite prévues à l’article 40. Dès lors, les recours dirigés contre les décisions préfectorales classant sans suite une demande de naturalisation ne sont pas au nombre de ceux prévus par l’article R. 312-18 du code de justice administrative.
Il ressort des pièces du dossier que la décision de classement sans suite de la demande de naturalisation présentée par M. A..., objet du présent litige, a été prise par le préfet de l’Oise sur le fondement de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993. Cette décision n’est pas au nombre de celles faisant l’objet des dispositions précitées de l’article R. 312-18 du code de justice administrative. Ainsi, en vertu des dispositions de l’article R. 312-1 du même code, le tribunal administratif de Nantes n’est pas territorialement compétent pour connaître du présent litige. Par suite, il y a lieu, en application des dispositions de l’article R. 351-3 du code précité, de transmettre le dossier de la requête au tribunal administratif d’Amiens, compétent pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. A... est transmis au tribunal administratif d’Amiens.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à la présidente du tribunal administratif d’Amiens.
Fait à Nantes, le 17 octobre 2025.
Le président du tribunal,
C. HERVOUET