mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200397 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 février 2022, M. C A, représenté par la Scp Guillauma - Pesme, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise médicale en vue de donner tous éléments permettant d'apprécier ses préjudices suite à l'accident dont il a été victime le 1er septembre 2020 alors qu'il circulait rue de Chevenelles sur la commune de Jouy-le-Potier (Loiret).
Il soutient que :
- le 1er septembre 2020 vers 14 heures, alors qu'il circulait à bicyclette avec plusieurs personnes rue de Chevenelles dans la commune de Jouy-le-Potier, sa roue s'est subitement bloquée en raison de la présence d'une fente dans la chaussée ce qui a entraîné sa chute ;
- il a été sérieusement blessé puisqu'il a, notamment, perdu définitivement l'usage de son oreille droite ;
- la responsabilité de la commune de Jouy-le-Potier est engagée ;
- une expertise médicale contradictoire est utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, la commune de Jouy-le-Potier et la société Groupama Paris Val de Loire, représentées par la Selarl Casadei-Jung, demandent de leur donner acte de leurs protestations et réserves.
La requête a été communiquée à la Mutuelle générale de l'éducation nationale qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la requête :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ".
2. D'une part, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription.
3. D'autre part, la circonstance que les assurés qu'ils représentent soient présents à une expertise prescrite sur le fondement des dispositions citées au point 1 ne fait pas obstacle à ce que le juge des référés soit saisi de conclusions tendant à ce que cette expertise soit réalisée au contradictoire des assureurs des parties.
4. Il résulte de l'instruction que le 1er septembre 2020 vers 14 heures, le requérant circulait à bicyclette avec plusieurs personnes rue de Chevenelles dans la commune de Jouy-le-Potier lorsque sa roue s'est subitement bloquée en raison de la présence d'une fente dans la chaussée ce qui a entraîné sa chute. Il fait valoir qu'il a été sérieusement blessé puisqu'il a, notamment, perdu définitivement l'usage de son oreille droite. Il estime que la responsabilité de la commune de Jouy-le-Potier est engagée et demande qu'une expertise médicale contradictoire soit organisée avec la commune et son assureur.
5. Le litige au fond susceptible d'opposer le requérant à la commune de Jouy-le-Potier au sujet de l'accident dont il a été victime le 1er septembre 2020 relève de la compétence de la juridiction administrative dès lors qu'il concerne un litige portant sur un dommage de travaux publics lié à un défaut d'entretien normal de la chaussée. La mesure sollicitée par le requérant entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 précité et elle est utile afin de constater et décrire les dommages subis par le requérant et de déterminer, notamment, les responsabilités et les préjudices de l'intéressé. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que le requérant est fondé à demander la mise en cause de la société Groupama Paris Val de Loire, assureur de la responsabilité de la commune. Par suite, il y a lieu d'ordonner l'expertise sollicitée par M. A, de désigner un seul expert et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions de la commune de Jouy-le-Potier et de la société Groupama Paris Val de Loire tendant à leur donner acte de leurs protestations et réserves :
6 . La commune de Jouy-le-Potier et la société Groupama Paris Val de Loire demandent de leur donner acte de leurs protestations et réserves. Il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de donner acte de telles protestations et réserves.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur D, médecin généraliste, demeurant Centre hospitalier à Blois (41016 cedex) est désigné en qualité d'expert avec pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. C A et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur lui suite à la chute de bicyclette dont il a été victime le 1er septembre 2020 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. A ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) préciser dans quelle mesure l'état actuel de M. A est imputable aux séquelles de l'accident dont il a été victime le 1er septembre 2020 ;
3°) déterminer, d'une part, la date de consolidation des blessures et, d'autre part, la durée de l'incapacité temporaire totale, le taux d'incapacité permanente partielle, le préjudice esthétique, les souffrances endurées, les souffrances physiques, le préjudice d'agrément en relation directe avec l'accident ;
4°) donner son avis sur la répercussion de l'accident du 1er septembre 2020 sur la vie personnelle de M. A ;
5°) apporter, d'une manière générale, tous éléments qui seraient utiles à la solution du litige par la juridiction éventuellement saisie et, notamment, ceux permettant d'évaluer l'ensemble des préjudices de M. A.
Article 2 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre, d'une part,
M. A et la Mutuelle générale de l'éducation nationale, d'autre part, la commune de Jouy-le-Potier et la société Groupama Paris Val de Loire.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport définitif au greffe en deux exemplaires avant le 30 novembre 2022. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Les conclusions de la commune de Jouy-le-Potier et de la société Groupama Paris Val de Loire tendant à leur donner acte de leurs protestations et réserves sont rejetées.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la Mutuelle générale de l'éducation nationale, à la commune de Jouy-le-Potier, à la société Groupama Paris Val de Loire et à l'expert.
Fait à Orléans, le 5 juillet 2022.
Le juge des référés,
Jean-Michel B
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ABo