lundi 3 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300697 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MARIETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 février 2023 et le 23 janvier 2025, Mme B A, représentée par Me Mariette, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 janvier 2023 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivré un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec reconduction d'office à destination du pays dont elle a la nationalité, ou du pays qui lui a délivré un document de voyage, ou de tout pays pour lequel elle établit être légalement admissible ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer dans le délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir une autorisation provisoire de séjour et de travail sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, moyennant la renonciation de son avocat à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que la décision contestée est illégale au motif que :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle, professionnelle et familiale ;
- elle porte atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale normale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il en va de même par voie de conséquence de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français qui méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que des arrêtés fixant le départ volontaire et le pays de départ.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2024, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 10 février 2025, Mme A déclare se désister purement et simplement de ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, tout en maintenant ses conclusions présentées par sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une décision du 17 mars 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire d'Orléans a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante soudanaise née le 1er novembre 1990 à Khartoum (Soudan), qui a déclaré être irrégulièrement entrée en France le 10 juin 2016, a déposé le 12 mai 2022 auprès des services de la préfecture d'Eure-et-Loir une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 3 janvier 2023, le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire à destination du pays dont elle a la nationalité, ou du pays qui lui a délivré un document de voyage, ou de tout pays pour lequel elle établit être légalement admissible. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Selon l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
3. Selon l'article R. 636-1 du même code : " Le désistement peut être fait et accepté par des actes signés des parties ou de leurs mandataires et adressés au greffe. / Il est instruit dans les formes prévues pour la requête. ".
4. Par un mémoire enregistré le 10 février 2025, Mme A a déclaré se désister purement et simplement de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte
Sur les frais liés au litige :
5. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Mariette au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme A.
Article 2 : L'Etat versera à Me Mariette une somme de 1.500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de la somme correspondant à l'aide juridictionnelle.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet d'Eure-et-Loir.
Fait à Orléans, le 3 mars 2025.
Le président de la 5ème chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.