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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2301043

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2301043

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2301043
TypeDécision
Avocat requérantSELARL B&J BENDJADOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mars 2023, M. A B, représenté par Me Bendjador, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 23 février 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation d'agent de sécurité ;

2°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir et de lui remettre immédiatement, à titre provisoire le temps de ce réexamen, une autorisation d'exercer à la société Sud-Ouest sécurité ;

3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité le versement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a jamais bénéficié d'une autorisation préalable individuelle mais a été titulaire de deux agréments en vue de l'exercice d'une activité de surveillance ou de gardiennage et dispose, depuis le 12 décembre 2019, d'un agrément " dirigeant " valable cinq ans, l'autorisant à diriger une entreprise de surveillance humaine ou de surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou de gardiennage, de transport de fonds ou de protection physique de personnes ainsi que, depuis le 2 mai 2022, de l'autorisation " société " au titre de la société Sud-Ouest sécurité dont il est le gérant ;

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite dans la mesure où la décision attaquée le prive de la possibilité d'exercer l'activité d'agent de sécurité en vue de suppléer l'absence inopinée d'un salarié ; or, il est certain que s'il n'est pas en mesure d'assurer une telle suppléance immédiatement, ses clients risquent de se détourner de son entreprise et de faire appel à une autre, ce qui mettrait sa société en difficulté financière ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :

* elle est entachée de l'incompétence de son auteur ;

* elle est insuffisamment motivée en l'absence d'indication des faits matériels constitutifs de l'infraction pénale reprochée ainsi que des suites données à sa mise en cause ;

* elle est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où il n'a pas été mis à même de présenter des observations avant son édiction, conformément aux principes généraux des droits de la défense ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que depuis la présentation de ses premières demandes en 2011, qui ont le même fondement que la demande formulée en janvier 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité ne lui a jamais opposé un quelconque refus, alors que les faits litigieux ont été commis du 1er avril 2015 au 30 septembre 2017 et qu'il a interjeté appel de la condamnation prononcée par le tribunal correctionnel de Tours ; les agissements reprochés, qui sont anciens et isolés, sont connus du Conseil national des activités privées de sécurité et ne l'ont toutefois ni empêché de lui délivrer " l'agrément dirigeant " ainsi que " l'agrément entreprise ", ni conduit à lui retirer les agréments et autorisations précédents.

Vu

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 17 mars 2023 sous le n° 2301042 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rouault-Chalier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B demande la suspension de l'exécution de la décision du 23 février 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle permettant d'exercer une activité privée de sécurité.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée.

4. Pour justifier l'urgence à suspendre l'exécution de la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité, M. B, qui se prévaut de sa qualité de gérant de la société Sud-Ouest sécurité, fait valoir que depuis la première crise sanitaire liée à la Covid-19 en 2020, sa société est confrontée à d'importantes difficultés de recrutement de nouveaux agents de sécurité ainsi qu'à une forte augmentation des défaillances des salariés présents dans l'entreprise. Il soutient que, dans ce contexte, la décision attaquée le prive de la possibilité d'intervenir, en cas de besoin, pour suppléer immédiatement l'absence inopinée d'un des agents de sécurité de l'entreprise, ce qui risque de conduire les clients à se détourner de cette dernière et à faire appel à la concurrence, ce qui mettrait la société, déjà fragilisée par la crise, en grande difficulté financière. Toutefois, la décision de refus en litige, qui a seulement pour but de permettre au requérant d'accéder à une formation, n'a ni pour objet ni pour effet de modifier la situation de l'intéressé et ne fait pas par elle-même obstacle à ce qu'il continue d'exercer ses fonctions de gérant de la société Sud-Ouest sécurité, pour lesquelles il bénéficie toujours de son agrément dirigeant valable jusqu'au 11 décembre 2024. Au surplus, concernant la situation financière de l'entreprise, M. B ne justifie ni d'éléments comptables établissant des difficultés de trésorerie immédiates ni davantage des défaillances de personnel qu'il invoque. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé, par ses seules allégations, comme caractérisant l'urgence à statuer au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, qu'il y a lieu, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée, pour information, au Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Orléans, le 28 mars 2023.

La juge des référés,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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