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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2302689

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2302689

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2302689
TypeDécision
Avocat requérantSELARL MICHEL TEBOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires en réplique, enregistrés les 4 juillet 2023, 29 avril et 5 juillet 2024, la commune d'Esvres-sur-Indre (Indre-et-Loire), représentée par Me Hubert Veauvy et Me Marika Steinmann, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise aux fins de décrire et de constater les désordres affectant la piscine municipale non couverte, sise Place Auguste Noyant, d'en déterminer les causes ainsi que les travaux réparatoires nécessaires pour y mettre fin et chiffrer le coût de ces derniers, de dire si les désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination, de manière générale de fournir tous éléments techniques et de fait et de faire toutes constatations ou investigations utiles de nature à permettre au tribunal administratif de déterminer les responsabilités éventuellement encourues et d'évaluer, s'il y a lieu, les préjudices subis par la commune.

Elle soutient que :

- par une délibération en date du 8 octobre 2009, le conseil communautaire de la communauté de communes du Val-de-l'Indre décide de procéder à de lourds travaux de réhabilitation de la piscine, et à l'issue des travaux, de restituer la compétence concernant ce bien à la ville d'Esvres-sur-Indre ;

- par un procès-verbal en date du 23 mai 2014, la communauté de communes du Val-de-l'Indre et la commune d'Esvres-sur-Indre constatent la fin des travaux sous maîtrise d'ouvrage de la communauté de communes, et procèdent à la remise de l'ouvrage à la commune ;

- la maîtrise d'œuvre des travaux a été attribuée à un groupement de 3 cotraitants, composé de l'Agence Bourgueuil et Rouleau, au bureau d'études structure Carrazedo Ingénierie (radié le 9 septembre 2015) et au bureau d'études fluides ICR (en liquidation judiciaire depuis le 4 avril 2019) ; le lot n°2 " VRD Gros œuvre " est confié à la société Michel Claveau (EURL Cabrit radiée le 21 juin 2021), le lot n°8 " Carrelage faïence " est confié à la société Magalhaes, le lot n°10 " Plomberie - VMC " est confié à la société Missenard Quint, le lot n°11 " Traitement de l'eau " est confié à la société L'eau Pure, ayant sous-traité une partie de sa mission auprès des sociétés Procath et Pro Urba ;

- la réception des travaux des lots en cause est prononcée avec réserves les 2 août et 25 septembre 2013, levées le 20 mars 2014 pour les lots n°8 " Carrelage faïence " et n°10 " Plomberie - VMC " ;

- par ailleurs, selon l'acte d'engagement en date du 24 juin 2009, la commune d'Esvres-sur-Indre confie la gestion et la maintenance des installations thermiques assurant le chauffage des bâtiments municipaux - auxquels s'ajoute la piscine en 2014 - à la société Dalkia, puis à compter du 1er novembre 2017 à la société Eiffage Energie ;

- dès le mois de septembre 2013 une baisse du niveau de l'eau du bassin est constatée et en mars 2014, l'existence de fuites d'eau est reconnue. Plusieurs expertises amiables sont diligentées mettant en évidence leur aggravation ;

- la persistance des désordres et l'absence de règlement conduisent la commune d'Esvres-sur-Indre à solliciter le prononcé d'une mesure d'expertise dans la perspective de recherche de responsabilité au plan contentieux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, la société d'architecture Bourgueil et Rouleau, représentée par la SELARL CMetB et Associés, s'en rapporte à justice quant à la demande d'expertise, formule d'ores et déjà toutes protestations et réserves d'usage et sollicite la réserve des dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, la compagnie d'assurance Generali IARD, prise en qualité d'assureur de la société Procath, représentée par Me Jean-Marc Zanati, ne s'oppose pas à la demande d'expertise mais formule toutes protestations et réserves d'usage, et sollicite la réserve des dépens et des frais irrépétibles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2023, la société Apave Infrastructure et Construction France venant aux droits de la société Apave Nord-Ouest, et son assureur la société Lloyd's Insurance Compagny venant aux droits de la société Assurance Lloyd's Of London, représentées par Me Sandrine Marié, ne s'opposent pas à la demande d'expertise mais formulent toutes protestations et réserves d'usage, et demandent également au juge de dire et juger qu'elles rechercheront la responsabilité des parties mises en cause, cette demande étant interruptive de prescription et de forclusion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2023, la société Dalkia, représentée par la SELARL Ethis Avocats, ne s'oppose pas à la demande d'expertise mais formule toutes protestations et réserves d'usage.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 août 2023 et 25 janvier 2024, la société Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire, représentée par la SELARL Walter et Garance Avocats, conclut, à titre principal, au rejet de sa mise en cause, et à titre subsidiaire, elle entend formuler toutes protestations et réserves sur sa responsabilité, elle s'associe à l'appel en cause de la Société Mutuelle d'Assurance du Bâtiment et des Travaux Publics (SMABTP) en qualité d'assureur de la société Michel Claveau (EURL Cabrit), elle demande que la mission de l'expert soit amendée et qu'il soit donné acte du caractère interruptif de la présente demande d'expertise.

Elle soutient que :

- elle n'a pas participé aux travaux de rénovation de la piscine, elle ne présente pas la qualité de constructeur et n'a conclu aucun contrat de louage d'ouvrage avec la commune ;

- elle n'intervient qu'au titre du contrat de fourniture d'énergie, d'exploitation et d'entretien des installations de chauffage, d'eau chaude sanitaire, de ventilation et de traitement d'air, dont le délai de prescription en responsabilité contractuelle de 5 ans est désormais épuisé ;

- les fuites en litige n'ont aucun rapport de causalité avec ses prestations de fournisseur d'énergie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, la compagnie d'assurances HDI Global SE, représentée par le cabinet Omen Avocats, conclut au rejet pur et simple de sa mise en cause et sollicite la condamnation de la commune d'Esvres-sur-Indre à lui verser la somme de 3 000€ sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'est pas l'assureur décennale de la société Missenard Quint mise en cause ;

- ladite société a résilié sa police d'assurance souscrite auprès d'elle à compter du 30 septembre 2015 alors que la réclamation de la ville d'Esvres-sur-Indre est intervenue le 4 juillet 2023 ;

- la présente procédure d'expertise est donc dénuée d'utilité à son endroit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2023, la compagnie d'assurance Generali IARD, prise en qualité d'assureur de la société Pro Urba, représentée par la SELARL Michel Teboul, conclut au rejet de sa mise en cause et invite la requérante à appeler en cause l'assureur actuel de ladite société.

Elle soutient que :

- la société Pro Urba a souscrit auprès d'elle un contrat d'assurance de responsabilité civile alors que les désordres dénoncés relèvent de la responsabilité décennale ;

- de surcroît, ce contrat d'assurance a été résilié à effet du 1er janvier 2021, soit antérieurement à la réclamation de la ville d'Esvres-sur-Indre en date du 4 juillet 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, la compagnie d'assurance SMA SA prise en qualité d'assureur de la société Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire, représentée par le cabinet Arcole, s'associe pleinement aux conclusions présentées à titre principal par son sociétaire tendant au rejet de leurs mises en cause, et à titre subsidiaire, elle entend formuler toutes protestations et réserves sur leurs responsabilités et demande qu'il soit donné acte du caractère interruptif de la présente demande d'expertise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2023, la compagnie d'assurance SMABTP, prise en qualité d'assureur de la société Michel Claveau (EURL Cabrit), représentée par le cabinet Arcole, conclut au rejet pur et simple de sa mise en cause.

Elle soutient que :

- les travaux réalisés par la société Michel Claveau, titulaire du lot n°2 " VRD Gros œuvre " ont fait l'objet le 2 août 2013 de réception assortie de réserves ;

- selon le rapport d'investigation amiable du cabinet Aquatours, les réseaux réalisés par la société Michel Claveau ne sont pas fuyards et donc, pas à l'origine des griefs allégués.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, la compagnie d'assurance Allianz, prise en qualité d'assureur de la société l'Eau Pure, représentée par le cabinet Chevalier - Marty - Pruvost, ne s'oppose pas à la demande d'expertise mais formule toutes protestations et réserves d'usage, elle demande au tribunal d'enjoindre à la société Pro Urba de communiquer son contrat d'assurance au titre de la garantie décennale, et sollicite la réserve des dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2024, les compagnies d'assurance MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles venant aux droits de la compagnie Covea Risks en qualité d'assureur de la société Missenard Quint, représentées par la SELARL Egeria - Saint-Cricq et Associés, concluent au rejet de leurs mises en cause.

Elles soutiennent que :

- si la société Missenard Quint a souscrit auprès d'elles un contrat d'assurance à effet du 17 octobre 2011, l'activité " construction d'ouvrage de génie civil " n'a pas, en revanche, été souscrite ;

- le contrat a été résilié à effet du 1er janvier 2016, de sorte que les Sociétés MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles n'étaient plus l'assureur de cette société postérieurement, et en tout état de cause lors de la réclamation.

La requête a été communiquée à la société Missenard Quint, à la société Magalhaes, à la société l'Eau Pure, à la société Procath et à la société Pro Urba qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ". La prescription d'une mesure d'expertise en application de ces dispositions est subordonnée à son utilité pour le règlement d'un litige principal qui doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens et de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir en prenant en compte, à cet effet, les expertises judiciaire ou amiable qui ont pu être prescrites ou réalisées au titre du même litige et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.

2. En second lieu, la circonstance que les assurés qu'ils représentent soient présents à une expertise prescrite sur le fondement des dispositions précitées ne fait pas obstacle à ce que le juge des référés soit saisi de conclusions tendant à ce que cette expertise soit réalisée au contradictoire des assureurs des parties.

3. Il résulte de l'instruction que communauté de communes du Val-de-l'Indre a décidé d'engager la réhabilitation de la piscine municipale non couverte d'Esvres-sur-Indre et, à l'issue des travaux, de restituer cette compétence à la commune. A cette fin, la maîtrise d'œuvre des travaux a été attribuée à un groupement de 3 cotraitants, composé de l'Agence Bourgueuil et Rouleau, du bureau d'études structure Carrazedo Ingénierie et du bureau d'études fluides ICR. Le marché de travaux a été réparti en plusieurs lots parmi lesquels le lot n°2 " VRD Gros œuvre " confié à la société Michel Claveau (EURL Cabrit), le lot n°8 " Carrelage faïence " confié à la société Magalhaes, le lot n°10 " Plomberie - VMC " confié à la société Missenard Quint, et le lot n°11 " Traitement de l'eau " confié à la société L'eau Pure, ayant sous-traité une partie de sa mission auprès des sociétés Procath et Pro Urba. La gestion et la maintenance des installations thermiques de la piscine ont été attribuées à la société Dalkia en 2014, puis à la société Eiffage Energie à compter de 2017. Les travaux des lots en cause sont réceptionnés avec réserves les 2 août et 25 septembre 2013 et rapidement des fuites en voie d'aggravation affectant les bassins sont identifiées. Compte tenu de la persistance des désordres, la commune d'Esvres-sur-Indre demande au juge des référés de désigner un expert aux fins de décrire et de constater les désordres affectant l'établissement, d'en déterminer les causes ainsi que les travaux réparatoires nécessaires pour y mettre fin et chiffrer le coût de ces derniers, de dire si les désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination, de manière générale de fournir tous éléments techniques et de fait et de faire toutes constatations ou investigations utiles de nature à permettre au tribunal administratif de déterminer les responsabilités éventuellement encourues et d'évaluer, s'il y a lieu, les préjudices subis par la commune.

4. Le litige au fond susceptible d'opposer la commune d'Esvres-sur-Indre aux entreprises concernant les désordres précités relève de la compétence de la juridiction administrative dès lors qu'il concerne la réalisation de marchés et de travaux publics ainsi que les participants à ces travaux et leurs assureurs, comme indiqué au point 2. La mesure sollicitée par la collectivité entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 précité et est utile afin de constater contradictoirement les désordres, déterminer les responsabilités et les travaux à exécuter pour y remédier. Par suite, il y a lieu d'ordonner l'expertise sollicitée, de désigner un seul expert et de fixer sa mission comme il est dit à l'article 2 de la présente ordonnance.

Sur la demande de mise hors de cause de la compagnie d'assurance HDI Global SE :

5. La société HDI Global SE soutient, sans être contredite, d'une part, qu'elle n'est pas l'assureur en garantie décennale de la société Missenard Quint, et d'autre part, que la police d'assurance en responsabilité civile souscrite a été résiliée à compter du 30 septembre 2015 - soit très postérieurement à la réclamation émise par la commune d'Esvres-sur-Indre le 4 juillet 2023 - et ne peut donc être mobilisée. Par suite, il y a lieu de faire droit à la requête de la compagnie d'assurance HDI Global SE et de la mettre hors de cause.

Sur les demandes de mise hors de cause des sociétés SMABTP, Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire, SMA SA, Generali IARD, MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles :

6. D'une part, la SMABTP prise en qualité d'assureur décennale de la société Michel Claveau (EURL Cabrit) et titulaire du lot n°2 " VRD Gros œuvre ", soulève l'incertitude relative à la levée des réserves lors de la réception du lot en cause et s'appuie sur le rapport amiable d'expertise Aquatours, établi à sa demande le 16 mars 2020, pour alléguer que son assuré n'a pris aucune part à la réalisation des réseaux de refoulement en périphérie du bassin à l'origine des désordres. La société Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire et son assureur, la SMA SA, avancent également que leurs mises en cause dans les opérations d'expertise ne reçoivent aucune justification dans la mesure où les fuites dénoncées ne présentent aucun rapport avec les missions confiées à l'entreprise Eiffage à compter de 2017 et portant sur la fourniture d'énergie, l'exploitation, la conduite et l'entretien des installations de chauffage, d'eau chaude sanitaire, de ventilation et de traitement d'air de la piscine.

7. D'autre part, au soutien de sa mise hors de cause, la compagnie Generali IARD, prise en qualité d'assureur de la société Pro Urba, fait valoir que ses garanties en responsabilité civile accordées à la société Pro Urba du 1er janvier 2012 au 1er janvier 2021 ne peuvent être mobilisées au profit de son assuré agissant comme sous-traitant pour le compte de la société l'Eau Pure. Les compagnies MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles, venant aux droits de la société Covea Risks et assurant la société Missenard Quint font valoir, quant à elles, que la police d'assurance décennale n'a pas été contractée au titre de la construction d'ouvrage de génie civil, et qu'elle a pris effet à compter du 17 octobre 2011 pour expirer le 1er janvier 2016.

8. Toutefois, en l'état de l'instruction et alors qu'il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur le fondement juridique sur lequel les sociétés SMABTP, Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire, SMA SA, Generali IARD, MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles sont susceptibles de voir leurs responsabilités recherchées, il est utile - eu égard à la nature des désordres en cause, à l'intervention de ces sociétés au titre de constructeurs ou de sous-traitants, et aux relations contractuelles que ces sociétés entretenaient avec leurs assureurs durant la période des travaux en cause - de les attraire à la présente procédure qui ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'instruction ne faisant pas préjudice au principal. Le cas échéant, il appartiendra à l'expert, s'il l'estime pertinent, de solliciter du juge des référés, en fournissant toute justification, la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire, en application des dispositions de l'article R. 532-3 du code de justice administrative. Par suite, la présence à l'expertise des sociétés SMABTP, Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire, SMA SA, Generali IARD, MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles est nécessaire à l'utilité de la mesure, de sorte que leurs demandes tendant à être mises hors de cause doivent être rejetées.

Sur l'injonction aux parties de communiquer leur contrat d'assurance :

9. La compagnie d'assurance Allianz demande qu'il soit fait injonction à la société Pro Urba de produire son contrat d'assurance au titre de la garantie décennale. Il n'appartient pas au juge des référés d'enjoindre à des parties à l'expertise la production de pièces qui, en application de l'article 2 de la présente ordonnance, si elles sont nécessaires à l'expertise, pourront être demandées par l'expert désigné. Par suite, les conclusions de la compagnie Allianz ne peuvent qu'être écartées.

Sur les conclusions des entreprises et de leurs assureurs tendant à leur donner acte de leurs protestations et réserves :

10. Ces sociétés demandent de leur donner acte de leurs protestations et réserves. Il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de donner acte de telles protestations et réserves. Les conclusions présentées à cette fin doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

11. La société Apave Infrastructure et Construction France, la compagnie Lloyd's Insurance Compagny, la société Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire et la compagnie d'assurance SMA SA demandent au juge des référés de dire qu'elles solliciteront les garanties des autres constructeurs et assureurs et que leurs conclusions sont interruptives de prescription. Il n'appartient toutefois pas au juge des référés d'accueillir des conclusions en déclarations de droit.

Sur les dépens :

12. Dans le cas d'une expertise ordonnée en référé, il appartient au seul président du tribunal de désigner, par ordonnance, la partie qui assumera la charge des frais et honoraires en application du premier alinéa de l'article R. 621-13 susmentionné. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la compagnie d'assurances HDI Global SE sur le fondement de ces dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La compagnie HDI Global SE est mise hors de cause.

Article 2 : M. B A, ingénieur des travaux du bâtiment, demeurant 10 rue Alexandre Cabanel à Paris (75015), est désigné en qualité d'expert avec pour mission de :

1°) se rendre sur les lieux de la piscine municipale, sise Place Auguste Noyant à Esvres-sur-Indre, se faire remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission et entendre toute personne susceptible de l'éclairer, procéder à toutes constatations utiles relatives à l'état de l'établissement et notamment procéder au relevé précis et détaillé de toutes les fuites l'affectant, dire si les désordres sont évolutifs ou généralisés ;

2°) dire si les désordres concernant le défaut d'étanchéité des bassins dénoncés par la commune sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination, s'ils sont imputables à un défaut de conception, à un défaut de surveillance des travaux, à des défauts d'exécution, à des défauts de maintenance ou à toute autre cause et, en cas de causes multiples, d'indiquer la part imputable à chacune des causes ;

3°) fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction éventuellement saisie de déterminer les responsabilités encourues ;

4°) déterminer les travaux de réparation nécessaires pour remédier aux désordres ;

5°) indiquer les travaux éventuels à réaliser d'urgence, dans l'hypothèse où les désordres relevés seraient de nature à constituer un risque pour la sécurité des usagers ;

6°) fournir tous éléments permettant à la juridiction éventuellement saisie d'évaluer l'ensemble des préjudices subis par la commune d'Esvres-sur-Indre, notamment le coût des travaux de réparation des désordres ;

7°) apporter, d'une manière générale, tous éléments qui seraient utiles à la solution du litige par la juridiction saisie.

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert effectuera une déclaration sur l'honneur dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 5 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement en présence des représentants de la commune d'Esvres-sur-Indre, de la société d'architecture Bourgueil et Rouleau, de la société Missenard Quint, de la société Magalhaes, de la société L'Eau Pure, de la société Procath, de la société Pro Urba, de la société Dalkia, de la société Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire, de la société Lloyd's Insurance Compagny, de la compagnie d'assurance SMABTP, de la compagnie d'assurance Allianz, de la compagnie d'assurance SMA SA, de la compagnie d'assurance Generali IARD, de la société Apave Infrastructure et Construction France, de la compagnie d'assurance MMA IARD et de la compagnie d'assurance MMA IARD Assurances Mutuelles.

Article 6 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 7 : L'expert communiquera aux parties un projet de rapport, préalablement au dépôt du rapport définitif, afin de recueillir leurs éventuelles observations.

Article 8 : L'expert déposera son rapport définitif au greffe par voie électronique avant le 31 mars 2025. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 9 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 10 : Le surplus des demandes des parties est rejeté.

Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Esvres-sur-Indre, à la société d'architecture Bourgueil et Rouleau, à la société Missenard Quint, à la société Magalhaes, à la société L'Eau Pure, à la société Procath, à la société Pro Urba, à la société Dalkia, à la société Eiffage Energie Systèmes Val-de-Loire, à la société Lloyd's Insurance Compagny, à la compagnie d'assurance SMABTP, à la compagnie d'assurance Allianz, à la compagnie d'assurance SMA SA, à la compagnie d'assurance Generali IARD, à la société Apave Infrastructure et Construction France, à la compagnie d'assurance MMA IARD, à la compagnie d'assurance MMA IARD Assurances Mutuelles, à la compagnie d'assurance HDI Global SE et à l'expert.

Fait à Orléans, le 7 octobre 2024.

Le Président,

Juge des référés,

Benoist GUÉVEL

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ABo

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