lundi 18 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303765 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PLETS DUGUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Plets Duguet, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 1er août 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées a refusé de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité ;
2°) d'enjoindre sous astreinte à l'administration de lui délivrer une carte professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de cette administration la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- durant ses vingt-cinq années d'activité en qualité d'agent de sécurité, il n'a jamais rencontré de problèmes dans l'exercice de ses fonctions que ce soit avec ses collègues, son employeur Sécuritas France ou les autorités compétentes ;
- la décision contestée est illégale dès lors que la seule condamnation qu'il a eue est en lien avec un jugement du 19 octobre 2021, lequel a fait l'objet d'une non-inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire ;
- dans la mesure où sa carte professionnelle expire le 31 octobre 2023, il est urgent qu'il bénéficie d'une carte professionnelle lui permettant de continuer à exercer ses fonctions d'agent de sécurité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rouault-Chalier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A demande la suspension de l'exécution de la décision du 1er août 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. A l'appui de sa contestation de la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité, M. A doit être regardé comme se prévalant d'une erreur dans l'appréciation de son comportement et de ses agissements, la seule condamnation dont il a fait l'objet, qui est en lien avec un jugement du tribunal correctionnel d'Orléans du 19 octobre 2021, n'ayant pas été inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire et son engagement envers sa profession durant ses vingt-cinq années d'activité en qualité d'agent de sécurité étant incontestable. Toutefois, le moyen ainsi soulevé par le requérant n'est manifestement pas propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée du 1er août 2023.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. A, qui est manifestement mal fondée, doivent être rejetées en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par le requérant au titre des frais d'instance doivent, par suite, être également rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée, pour information, au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Orléans, le 18 septembre 2023.
La juge des référés,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2303765