LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2304030

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2304030

jeudi 19 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2304030
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL DEREC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête en responsabilité médicale formée contre le CHRU de Tours suite au décès d'un patient. La juridiction a estimé que les éléments du dossier, notamment l'absence de faute établie par l'enquête pénale classée sans suite, ne démontraient pas l'existence d'une faute dans l'organisation ou le fonctionnement du service public hospitalier. Le tribunal a appliqué les principes généraux de la responsabilité hospitalière et a jugé que le lien de causalité entre la prise en charge et le décès n'était pas établi.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023, Mme B... A..., agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de M. G... A..., de Mme C... A... et de M. F... A..., représentée par Me Chechery, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement le centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Tours et son assureur la société Reylens Mutual Insurance à lui verser la somme 20 000 euros en réparation de ses préjudices en lien avec le décès de son ex-compagnon, M. E... D..., lors de sa prise en charge au sein de cet établissement hospitalier ;

2°) de condamner solidairement le centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Tours et son assureur la société Reylens Mutual Insurance à verser à M. G... A..., à Mme C... A... et à M. F... A... la somme 30 000 euros chacun en réparation de leurs préjudices en lien avec le décès de leur père, M. E... D... lors de sa prise en charge au sein de cet établissement hospitalier ;

3°) de mettre à la charge solidaire du CHRU de Tours et de la société Reylens Mutual Insurance la somme de 4 000 euros au titre des frais liés au litige, et de les condamner aux entiers dépens.


Elle soutient que :
- le CHRU de Tours engage sa responsabilité pour faute à raison d’une faute médicale de suivi, de défaut d’organisation et de fonctionnement du service et de défaut de surveillance dans la survenance du décès de M. D..., dès lors que son voisin de chambre a signalé au médecin qu’il présentait des difficultés respiratoires mais que les mesures de surveillance nécessaires n’ont pas été mises en œuvre pour éviter le décès de la victime ;
- il est légitime de s’interroger sur la présence de médicaments non prescrits dans les effets personnels de la victime et sur l’efficience de l’encadrement des patients par le personnel ;
- le CHRU de Tours sera condamné à verser à Mme B... A... la somme de 20 000 euros et à verser à M. G... A..., de Mme C... A... et de M. F... A... la somme de 30 000 euros chacun au titre de leur préjudice d’affection consécutif au décès de leur ex-compagnon et père.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2025, le centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Tours et la société Reylens Mutual Insurance, représentés par Me Derec, concluent au rejet de la requête.

Ils soutiennent que :
- aucun élément médico-légal ne permet d’affirmer que le décès de M. D... est imputable à une faute du CHRU de Tours ;
- si les causes du décès n’ont pas été clairement déterminées, aucune cause d’origine cardio-respiratoire n’a été retrouvée, aucune faute n’a été mise en évidence par la procédure d’enquête pénale, l’affaire a été classée sans suite par le parquet le 19 octobre 2021 en raison de l’absence d’infraction ;
- il ressort également de la procédure que M. D... était séparé depuis le mois de mars 2010 de Mme A... ainsi que de ses enfants qui étaient placés, et avec lesquels il avait seulement des contacts téléphoniques.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d’assurance maladie de Loir-et-Cher qui n’a pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Nehring ;
- les conclusions de M. Eric Gauthier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Derec, représentant le CHRU de Tours et la société Reylens Mutual Insurance.



Considérant ce qui suit :

M. E... D..., né en 1984, a été hospitalisé sous un régime libre le 23 juin 2020 au sein de la clinique psychiatrique universitaire de Saint-Cyr-Sur-Loire, dépendant du centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Tours, dans le cadre d’un sevrage à l’alcool et au cannabis. Sa sortie était prévue le 7 juillet 2020. Le 1er juillet 2020 à 6 heures, il est découvert inanimé par le personnel médical, son décès est déclaré à 6h32. Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte par le parquet de Tours le même jour, qui a prononcé le classement sans suite de la procédure pour absence d’infraction le 19 octobre 2021. Estimant que le CHRU de Tours avait commis une faute dans la survenance du décès de M. D..., Mme B... A..., son ex-conjointe et mère de ses enfants, lui a présenté une demande indemnitaire préalable en son nom propre ainsi qu’au nom de ses enfants mineurs, réceptionnée le 12 juin 2023, qui a été rejetée le 9 octobre suivant. Par la requête analysée ci-dessus, Mme B... A..., agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de ses enfants, M. G... A..., Mme C... A... et de M. F... A..., demande au tribunal de condamner solidairement le CHRU de Tours et son assureur, la société Reylens Mutual Insurance, à lui verser la somme 20 000 euros et à verser à chacun de ses enfants, la somme 30 000 euros en réparation de leurs préjudices respectifs en lien avec le décès de leur ex-compagnon et père, M. D....

Sur les conclusions indemnitaires :

Il résulte de l’instruction et notamment du procès-verbal d’audition du voisin de chambre de M. D... du 1er juillet 2020 que cette personne a remarqué que la victime toussait fortement, même en dormant, depuis trois jours avant la date de son décès et qu’il a signalé ce fait aux médecins de l’établissement. Il ressort également de cette audition que vers 0h30 le jour du décès, il a remarqué la victime, dormant assise sur son lit, qu’elle avait une forte respiration et devait reprendre son souffle, donnant l’impression d’un étouffement, son voisin de chambre a alors réveillé la victime qui est allé près de la fenêtre de la salle de télévision où les infirmiers l’ont vu puis l’ont raccompagné vers sa chambre. Il résulte du procès-verbal d’audition des deux infirmiers présents que ceux-ci l’ont trouvé dans la salle à manger entre 23h45 et 0h30 en train de s’assoupir en position assise, ils l’ont alors raccompagné à sa chambre. L’un d’eux est venu contrôler le sommeil de la victime à 2h00 et constaté qu’elle respirait et que son abdomen bougeait. L’autre infirmier présent a effectué un second contrôle à 4h00 et a également constaté que M. D... respirait car son abdomen bougeait et qu’il ronflait. Il résulte des mêmes témoignages que lors du contrôle effectué à 6h00 l’un des infirmiers a constaté que M. D... ne respirait plus et avait les doigts des mains cyanosés. Il a alors été procédé aux premiers gestes de réanimation avant l’intervention du SAMU, qui a été appelé immédiatement. Il résulte également de l’ensemble de ces témoignages que M. D... n’a pas manifesté de signe de détresse particulier ni de plainte auprès du personnel médical les jours précédant son décès ni lorsqu’il a été raccompagné par les infirmiers du service dans sa chambre aux alentours de 0h30 le jour de son décès, alors qu’il a, à cette occasion, demandé aux infirmiers s’il pouvait fumer une cigarette, ce qui lui a été refusé. Il résulte enfin de l’audition du médecin référent de M. D... lors de son hospitalisation que le patient n’a pas manifesté de délire, ni d’agitation, ni d’envie suicidaire lors de son hospitalisation et qu’il acceptait son traitement. Ce témoignage précise que l’intéressé n’a pas non plus manifesté, durant les jours précédant son décès, de difficulté respiratoire ni de gène mais, qu’en raison du signalement effectué par son voisin de chambre, il a été demandé aux infirmiers une surveillance accrue, qui a été effectuée par un contrôle visuel de l’intéressé toutes les deux heures durant son sommeil. Ainsi, eu égard à l’absence de signe mettant en évidence un risque caractérisé de décès de M. D... le 30 juin 2020 au soir, les mesures de surveillance mises en place par le personnel médical doivent être regardées comme adaptées à l’état que présentait l’intéressé la nuit précédant son décès. Par suite, Mme A... n’est pas fondée à soutenir que l’équipe médicale de la clinique psychiatrique universitaire de Saint-Cyr-Sur-Loire a commis un manquement s’agissant du suivi médical et de la surveillance de M. D... la nuit précédant son décès et s’agissant de l’organisation et du fonctionnement du service.

Ainsi, dès lors qu’aucun manquement de l’équipe médicale de la clinique psychiatrique universitaire de Saint-Cyr-Sur-Loire n’est démontré, la responsabilité pour faute du CHRU de Tours ne peut être engagée. Par suite, la requête de Mme A... doit être rejetée.
Sur les dépens :
La présente instance n’a généré aucun dépens, il n’y a donc pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête tendant à ce qu’ils soient mis à la charge du CHRU de Tours.

Sur les frais exposés non compris dans les dépens :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge solidaire du CHRU de Tours et de son assureur, qui ne sont pas les parties perdantes en la présente instance, la somme de 4 000 euros demandée par Mme A... au titre des frais liés au litige.



D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.



Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A..., au centre hospitalier régional et universitaire de Tours, à la société Reylens Mutual Insurance et à la caisse primaire d’assurance maladie de Loir-et-Cher.

Délibéré après l’audience du 26 février 2026 à laquelle siégeaient :

Mme Lesieux, présidente,
M. Nehring, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2026.


Le rapporteur,

La présidente,


Virgile NEHRING
Sophie LESIEUX

La greffière,


Céline BOISGARD



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions