lundi 26 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400569 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL BAUR ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 février 2024, M. D B, représenté par Me Kante, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de statuer à nouveau sur sa demande de titre de séjour dans le délai de deux mois suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cinq cents euros par jour de retard à compter la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- ses enfants, C B née le 22 juin 2021 à Orléans et Aissata B née le 15 juin 2020 à Orléans bénéficient du statut de réfugié politique ; il a sollicité une demande de titre de séjour à cet effet le 13 juillet 2023 et a été muni d'une autorisation provisoire de séjour lui permettant d'exercer une activité professionnelle ; toutefois, sa demande a été clôturée sans motif valable le 04 septembre 2023 et son autorisation provisoire de séjour est arrivée à terme le 10 octobre 2023 ; il a renouvelé sa demande et demeure sans nouvelles de la préfecture du Loiret ;
- le refus de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour le place dans une grande précarité financière.
Par un mémoire enregistré le 21 février 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen, a présenté une demande de titre de séjour le 13 juillet 2023, après que ses enfants ont acquis le statut de réfugié. Il a été muni d'autorisations provisoires de séjour valables jusqu'au 12 octobre 2023. La demande de M. B a toutefois été clôturée le 4 septembre 2023, en l'absence des empreintes du requérant. Le requérant établit avoir présenté une nouvelle demande de titre de séjour le 10 octobre 2023. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". L'article L. 521-3 du même code dispose que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. Il résulte de l'instruction que le requérant est entré en France en 2015 et qu'il a fait l'objet d'un arrêté de transfert en vue de sa remise aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, notifié le 1er mars 2017, qui n'a pu être exécuté en raison de son refus d'embarquer sur le vol à destination de l'Italie. La France étant devenue responsable de l'examen de la demande du requérant, la cour nationale du droit d'asile a rejeté cette demande par une décision du 2 septembre 2020, notifiée le 10 septembre 2020. M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 1er novembre 2022, qu'il n'a pas exécuté. Ainsi, le requérant s'est maintenu sur le territoire français depuis 2015 sans disposer d'un titre de séjour et ne justifie pas d'une démarche de régularisation antérieure au 13 juillet 2023. Il ne saurait soutenir que l'absence d'autorisation provisoire de séjour le place en grande difficulté financière, en se bornant à produire un courriel émanant d'une entreprise d'intérim, l'informant que son document d'identité expire le 12 octobre 2023, qui ne peut à lui seul établir que " son contrat de travail a été suspendu ", ainsi qu'il le soutient. Le requérant n'établit pas davantage que sa famille risque à brève échéance d'être expulsée de son logement. M. B ne justifiant pas d'une situation particulière, la condition d'urgence de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme établie. Par suite, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et à la préfète du Loiret.
Fait à Orléans le 26 février 2024.
Le juge des référés,
Jean-Luc A
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.