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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400953

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400953

mercredi 13 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400953
TypeDécision
Avocat requérantWAUTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, M. B A, représenté par Me Wautier, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 26 février 2024 par laquelle le président du conseil régional Centre-Val de Loire a prononcé à son encontre une exclusion temporaire du réseau de transports Rémi pour une durée de vingt jours à compter du 11 mars 2024 ;

2°) de mettre à la charge de la région Centre-Val de Loire le versement de la somme de 1 500 euros par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est constituée dès lors que la décision contestée entrera en vigueur moins de quinze jours après son édiction et sa notification ; cette décision, qui a pour effet de lui interdire de façon absolue l'utilisation de tous les transports régionaux Rémi pendant près d'un mois alors qu'il réside en secteur rural et ne dispose pas d'autres moyens de transport, porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ; la brièveté du délai avant la mise en application de la mesure ne lui permet pas de trouver des solutions alternatives pour se déplacer et pourvoir à ses besoins essentiels ; alors qu'il souffre d'hypertension sévère, la décision contestée, qui le prive de toute possibilité de déplacement, aura pour effet de l'empêcher de se rendre en consultation chez son médecin et à la pharmacie pour se voir délivrer son traitement, ce qui l'expose à un risque sévère pour son état de santé ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui, alors qu'elle constitue une mesure de police ou, à tout le moins, une sanction, n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire lui ayant permis de faire valoir ses observations, en méconnaissance des dispositions du code des relations entre le public et l'administration ;

- les moyens tirés de l'insuffisance de motivation en fait et en droit et de l'incompétence de l'auteur de l'acte sont également de nature à créer un doute sur la légalité de la mesure de suspension prononcée ;

- il en va de même du moyen tiré de ce que le règlement intérieur Rémi, qui ne prévoit aucune échelle des sanctions tenant compte de la gravité des comportements ou agissements réprimés, méconnaît le principe selon lequel les sanctions doivent être prévues par un texte ;

- sont également propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée les moyens tirés du défaut de matérialité des faits et du caractère disproportionné de la sanction prononcée à son encontre ; il n'a jamais fait preuve d'un comportement violent et conteste s'être montré menaçant envers le conducteur de car ; en tout état de cause, un seul incident ne saurait justifier son exclusion de l'ensemble du réseau de transport Rémi pour une durée de vingt jours.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 8 mars 2024 sous le numéro 2400952 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rouault-Chalier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 26 février 2024 par laquelle le président du conseil régional Centre-Val de Loire a prononcé à son encontre une exclusion temporaire du réseau de transports Rémi pour une durée de vingt jours à compter du 11 mars 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Au soutien de sa demande de suspension de la décision du 26 février 2024 par laquelle le président du conseil régional Centre-Val de Loire a prononcé son exclusion temporaire du réseau de transports Rémi entre le 11 mars et le 3 avril 2024 inclus, M. A se borne à faire valoir qu'il réside en secteur rural et ne dispose pas d'autres moyens de transport et que, souffrant d'hypertension sévère, il ne pourra pas se rendre en consultation chez son médecin ni à la pharmacie pour se voir délivrer son traitement. Il précise que la brièveté du délai avant la mise en application de la mesure ne lui permet pas de trouver des solutions alternatives pour se déplacer et pourvoir à ses besoins essentiels. Toutefois, au regard tant du délai de quinze jours avant l'entrée en vigueur de la sanction qui a été laissé au requérant pour lui permettre de prendre toutes mesures utiles d'organisation, que de la durée limitée prévue pour l'exclusion temporaire, et en l'absence d'autres justifications quant à la nature et à l'ampleur des conséquences négatives immédiates de la mesure sur sa situation personnelle, M. A ne saurait être regardé comme justifiant de l'urgence au sens des dispositions rappelées ci-dessus du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et tendant à ce que soit mis à la charge de la région Centre-Val de Loire, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Orléans, le 13 mars 2024.

La juge des référés,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La République mande et ordonne au préfet du Cher, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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