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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2401367

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401367

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2401367
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantVIEILLEMARINGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 avril 2024, Mme C A, représentée par Me Vieillemaringe, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 mars 2024 par laquelle le préfet de Loir-et-Cher a mis fin à son hébergement et celui de son fils mineur ;

3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de leur fournir un hébergement dans le délai de vingt-quatre heures suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à Me Vieillemaringe, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- le 29 mars dernier, elle a reçu un appel des services de la préfecture l'informant que sa prise en charge hôtelière dans le cadre du 115 allait s'arrêter le 8 avril prochain et qu'elle devait avoir quitté le logement au plus tard le 9 avril 2024 ; aucune décision écrite n'est intervenue ; elle produit l'attestation d'un travailleur social ;

- l'urgence est caractérisée par sa situation d'extrême vulnérabilité ;

- le droit à l'hébergement est une liberté fondamentale ; il est porté atteinte au principe de sauvegarde de la dignité humaine et au principe d'interdiction des traitements inhumains et dégradants ; l'intérêt supérieur de l'enfant a été méconnu.

Par un mémoire enregistré le 9 avril 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- il n'a pas été demandé à la requérante de quitter son hôtel, ni le 9 avril 2024, ni dans les prochains jours ;

- en application de l'article L. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'office de l'immigration et de l'intégration est compétent pour assurer l'hébergement des demandeurs d'asile ; le service de l'aide sociale départementale est compétent pour l'accueil des mères isolées avec des jeunes enfants, en vertu de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, l'intervention de l'Etat ne revêtant qu'un caractère supplétif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Vieillemaringe, qui conclut aux mêmes fins que sa requête avec les mêmes moyens et demande en outre au juge des référés d'enjoindre au préfet de

Loir-et-Cher d'assurer le maintien de l'hébergement de Mme A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que Mme A, ressortissante guinéenne née en 2002, est entrée en France en 2019 et a bénéficié d'un placement au titre de l'aide sociale à l'enfance par jugement du 9 mai 2019, puis d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " en 2020, valable jusqu'au 30 septembre 2021. Elle a donné naissance à un enfant le 24 janvier 2023, qu'elle élève seule. Le 18 janvier 2024, elle a présenté une demande d'asile auprès de la préfecture du Loiret pour son fils mineur. Mme A soutient avoir reçu le 29 mars 2024 un appel des services de la préfecture de Loir-et-Cher l'informant que sa prise en charge hôtelière dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence 115 allait prendre fin le 8 avril 2024 et qu'elle devait avoir quitté le logement au plus tard le 9 avril 2024. Elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision mettant fin à son hébergement dans le cadre du dispositif 115.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

4. Le préfet de Loir-et-Cher soutient n'avoir pris aucune décision, écrite ou orale, informant la requérante de la fin de sa prise en charge par le 115 et l'enjoignant de quitter l'hôtel où elle est hébergée à compter du 9 avril 2024. Il est constant qu'à la date de la présente ordonnance, la prise en charge de la requérante par le 115 n'a pas cessé. Par suite, la demande de Mme A ne présente pas un caractère d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : L'aide juridictionnelle provisoire est accordée à Mme A.

Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet de

Loir-et-Cher.

Fait à Orléans le 10 avril 2024.

Le juge des référés,

Jean-Luc B

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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