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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402076

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402076

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402076
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantVIEILLEMARINGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, M. B A, représenté par Me Vieillemaringe, demande au juge des référés :

1°) d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 du préfet d'Indre-et-Loire portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination en tant qu'il porte refus de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer, sous astreinte, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de la décision rendue au fond et dans le délai de 72 heures sous astreinte de 100 euros par heure de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros au titre de ses frais de défense sous réserve de sa renonciation de son conseil au bénéfice de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée s'agissant d'une décision qui place le requérant en situation irrégulière et qui a pour effet de mettre un terme à la formation qu'il a entreprise ;

- la condition d'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, du défaut de motivation, en deuxième lieu, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en troisième lieu, du défaut d'examen sérieux de sa situation, en quatrième lieu, de l'erreur de droit en ce qui concerne l'examen de sa vie privée et familiale et de sa scolarité par l'autorité préfectorale et, enfin, de l'erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2402075, enregistrée le 23 mai 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant libanais né le 6 octobre 2005, est entré en France en août 2022, selon ses déclarations, et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Il a formé le 28 septembre 2023 auprès du préfet d'Indre-et-Loire une demande en vue de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " en qualité de jeune confié à l'aide sociale à l'enfance, en se fondant sur l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a pris, le 26 avril 2024, un arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours fixation du pays de destination dont M. A a demandé l'annulation dans l'instance n° 2402075. Dans la présente instance, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cet arrêté en tant qu'il porte refus de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

3. M. A soutient que l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, du défaut de motivation, en deuxième lieu, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en troisième lieu, du défaut d'examen sérieux de sa situation, en quatrième lieu, de l'erreur de droit en ce qui concerne l'examen de sa vie privée et familiale et de sa scolarité par l'autorité préfectorale et, enfin, de l'erreur manifeste d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dénuée de fondement. Ainsi, sans qu'il y ait lieu d'accorder au requérant l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application du premier alinéa de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, cette requête doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE:

Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle n'est pas accordé à titre provisoire à M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet d'Indre-et-Loire et à Me Vieillemaringe.

Fait à Orléans, le 29 mai 2024.

Le juge des référés,

Denis C

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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