LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402119

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402119

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402119
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantVEAUVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Mongis, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision de reprise du congé longue durée prise le 15 mars 2024 par le directeur du centre hospitalier de Luynes ;

3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Luynes de lui accorder le congé de longue durée du 12 décembre 2023 au 11 juin 2024 ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Luynes la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision attaquée la prive du bénéfice du congé de longue durée pour la période postérieure au 31 mars 2024 et l'empêche d'en demander la prolongation ou de solliciter sa réintégration, alors que le médecin du travail a conclu, dans son avis du 12 décembre 2023, que son état de santé n'est pas compatible avec le maintien dans son poste et avec la reprise de son travail ; elle se trouve en conséquence privée de la rémunération associée à ce congé depuis le 1er avril 2024 ;

- sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité externe de la décision attaquée les moyens tirés :

* de l'absence de procédure contradictoire préalable alors que la décision contestée, qui annule la décision du 18 décembre 2023 lui octroyant un congé longue durée du 12 décembre 2023 au 11 juin 2024 et ne lui accorde ce congé que pour la période allant du 12 décembre 2023 au 31 mars 2024, emporte retrait d'une décision créatrice de droit ;

* du défaut de motivation de cette décision en violation des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité interne de la décision attaquée qui est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de son état de santé réel, dès lors que dans son avis du 28 février 2024, le conseil médical départemental d'Indre-et-Loire s'est prononcé pour son replacement en congé de longue durée pour la période du 12 décembre 2023 au 11 juin 2024 et que le centre hospitalier de Luynes avait initialement suivi cet avis, reconnaissant par là-même que son état de santé justifiait l'octroi d'un congé de longue durée pour la période en cause ;

- est également de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, le moyen tiré de ce qu'elle est entachée de détournement de pouvoir, le centre hospitalier de Luynes ayant pour unique but d'appliquer la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de six mois qu'il a prise à son encontre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le centre hospitalier de Luynes, représenté par Me Veauvy, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et, en tout état de cause, à ce que soit mis à la charge de Mme A le versement de la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la décision attaquée a été retirée par une décision du 13 juin 2024, de sorte que la requête est devenue sans objet en cours de procédure ;

- la requête est irrecevable, en l'absence de production d'une copie du recours en annulation dirigé contre la décision attaquée ;

- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite, la requérante ne produisant aucune justification démontrant que la décision litigieuse du 15 mars 2024 porterait atteinte à sa situation de manière suffisamment grave et immédiate ; la circonstance qu'elle n'a pas été en mesure de solliciter sa réintégration ou la prolongation de son congé de longue maladie deux mois avant l'expiration de ce dernier n'est pas de nature à caractériser une quelconque urgence dans la mesure où ce congé a expiré le 31 mars 2024 et qu'au 1er avril 2024, elle a été exclue de ses fonctions pour une durée de six mois en exécution de la sanction disciplinaire prononcée à son encontre par décision du 28 février 2024 ;

- aucun des moyens invoqués par la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* la décision du 18 décembre 2023 plaçant Mme A en congé de longue durée du 12 décembre 2023 au 11 juin 2024 n'est pas une décision créatrice de droit mais une décision recognitive de son inaptitude physique à exercer ses fonctions ; la décision litigieuse du 15 mars 2024 n'a donc pas pour effet de retirer ou d'abroger une décision créatrice de droit ;

* pour les mêmes raisons, la décision attaquée n'avait pas à être motivée ; en tout état de cause, elle est motivée ;

* l'erreur manifeste d'appréciation alléguée n'est pas démontrée ;

* la décision attaquée n'est pas entachée de détournement de pouvoir, le fait que l'agent soit en congé maladie n'empêchant pas l'entrée en vigueur immédiate de la sanction y compris s'agissant de ses conséquences financières.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 27 mai 2024 sous le n° 2402117 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rouault-Chalier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 à 14 h 00 :

- le rapport de Mme Rouault-Chalier, juge des référés ;

- les observations de Me Mongis, représentant Mme A ;

- et les observations de Me Gault-Ozimek, substituant Me Veauvy, représentant le centre hospitalier de Luynes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

2. Mme A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 23 mai 2024 sur laquelle il n'a pas été statué à la date de la présente ordonnance. Il y a lieu, en application des dispositions mentionnées au point précédent, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

4. Mme A a été recrutée par le centre hospitalier de Luynes comme agente des services hospitaliers qualifiée contractuelle en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) le 9 janvier 2020 et a été titularisée le 1er janvier 2022 dans le même établissement. Par une décision du 18 décembre 2023, elle a été placée, dans l'attente de l'avis du conseil médical, en congé de longue durée du 12 décembre 2023 au 11 juin 2024. Le 28 février 2024, le conseil médical a rendu un avis favorable au replacement de l'intéressée en congé de longue durée pour cette même période. Par sa requête ci-dessus analysée, Mme A demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 15 mars 2024 du directeur du centre hospitalier de Luynes, annulant et remplaçant la décision du 18 décembre 2023 et prononçant la reprise du congé longue durée du 12 décembre 2023 au 31 mars 2024.

5. Il résulte de l'instruction que le centre hospitalier régional de Luynes a pris le 13 juin 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête, une décision retirant la décision de reprise du congé longue durée en date du 15 mars 2024, annulant et remplaçant la décision de reprise en congé de longue durée datée du 18 décembre 2023. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 15 mars 2024 ainsi que ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier de Luynes de lui accorder le congé de longue durée du 12 décembre 2023 au 11 juin 2024 ont perdu leur objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

6. Mme A est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Mongis, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge du centre hospitalier de Luynes le versement à Me Mongis de la somme de 1 500 euros.

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme demandée par le centre hospitalier de Luynes au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de Mme A.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, le centre hospitalier de Luynes versera à Me Mongis la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Luynes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier de Luynes.

Fait à Orléans, le 17 juin 2024.

La juge des référés,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions