LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403041

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403041

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403041
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantSCP CARIOU LEVEQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, sous le n° 2403041, M. D C et Mme B C représentés par Me Leveque, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de les faire bénéficier d'un hébergement provisoire d'urgence sans délai sous astreinte de 200 euros par jour de retard suivant la notification de l'ordonnance ou à défaut d'enjoindre au préfet de leur verser la somme de 200 euros par jour pour qu'ils puissent être logés à l'hôtel ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de son renoncement à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- le droit au logement et l'intérêt supérieur de l'enfant sont des libertés fondamentales ;

- la condition d'urgence est remplie ;

- ils ne font pas l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et M. C a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étranger malade ;

- M. C est en situation de détresse médicale, psychique et sociale : le risque de rechute de sa leucémie est réel, la famille va se retrouver à la rue ;

- leur fils mineur, né en 2009, va se retrouver à la rue ce qui est contraire à la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, sous le n° 2403042, M. D C et Mme B C représentés par Me Leveque, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de les faire bénéficier d'un hébergement provisoire d'urgence dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard suivant la notification de l'ordonnance ou à défaut d'enjoindre au préfet de leur verser la somme de 200 euros par jour pour qu'ils puissent être logés à l'hôtel ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de son renoncement à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- le droit au logement et l'intérêt supérieur de l'enfant sont des libertés fondamentales ;

- la condition d'urgence est remplie ;

- ils ne font pas l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et M. C a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étranger malade ;

- M. C est en situation de détresse médicale, psychique et sociale : le risque de rechute de sa leucémie est réel, la famille va se retrouver à la rue ;

- leur fils mineur, né en 2009, va se retrouver à la rue ce qui est contraire à la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :

1. Les requêtes présentées par Mme C et M. C enregistrés sous les n°s 2403041 et 2403042 ont pour objet d'obtenir du juge des référés une injonction à l'encontre du préfet de Loir-et-Cher en vue de les orienter vers une structure d'hébergement d'urgence. Les deux requêtes présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 portant application de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme C et de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ".

4. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet, " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse ". Aux termes de l'article L. 345-2-2 du même code : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ". L'article L. 345-2-3 du même code dispose que : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ".

5. Il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.

6. Mme et M. C font valoir que l'état de santé de ce dernier ainsi que la présence au sein de la famille de leur fils mineur sont incompatibles avec la précarité de leurs conditions d'hébergement. Ils indiquent qu'ils étaient hébergés chez des amis depuis le mois d'avril 2024 mais que ces derniers leur ont demandé de quitter le logement.

7. Il résulte de l'instruction que M. C est en rémission complète d'une leucémie et qu'il a été hospitalisé trois jours au mois de mai 2024 pour des calculs biliaires, qui ont été traités. Il souffre en outre d'un épanchement de la bourse du ligament collatéral du genou. Ainsi, les problèmes de santé dont fait état le requérant ne suffisent pas à démontrer que l'absence d'hébergement d'urgence emporte des conséquences graves pour les requérants et leur enfant mineur. Si M. C doit faire l'objet d'un suivi régulier pour la rémission d'une leucémie, il ne résulte pas de l'instruction que M. C serait, au jour de l'audience, en état de détresse médicale. Par ailleurs, si les requérants justifient de quelques vains appels au numéro d'hébergement d'urgence du 115, il résulte de l'instruction que M. et Mme C ont bénéficié de l'hébergement d'urgence en hôtel durant la période d'août 2023 à mars 2024 et ont décidé de leur propre initiative de quitter le dispositif en avril 2024 pour être hébergés chez des amis. Ainsi, il n'existe aucune carence caractérisée de l'Etat dans la mise en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence. Les requérants n'étant pas fondés à soutenir que l'Etat est en carence en ne leur proposant pas d'hébergement d'urgence, il s'ensuit que le préfet de Loir-et-Cher n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit à disposer d'un hébergement d'urgence.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle aux conclusions de M. et Mme C dirigées contre le préfet de Loir-et-Cher qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.

O R D O N N E :

Article 1er : M. et Mme C sont admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtés est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à M. D C, au préfet de Loir-et-Cher et au ministre de l'intérieur

Fait à Orléans le 23 juillet 2024

La juge des référés,

Anne-Laure A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement

N°s 2403041

← Retour aux décisions