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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403049

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403049

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403049
TypeDécision
Avocat requérantJOSSEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 juin 2024 par lequel le sous-préfet de Dreux a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.

Il soutient que :

- l'urgence est constituée dès lors qu'il est employé en qualité de contrôleur technique et que ses activités professionnelles sont itinérantes lui imposant des déplacements permanents ; la détention du permis de conduire est indispensable dans le cadre de ses activités économiques ;

- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; cet arrêté est entaché d'incompétence ; il est insuffisamment motivé ; il méconnaît les dispositions des articles L. 224-2 et suivants du code de la route ; il méconnaît les dispositions de l'article L. 235-2 du code de la route ; il méconnaît les dispositions des articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Best-De Gand, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Toutefois, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Aux termes de l'article L. 235-1 du code de la route : " I.- Toute personne qui conduit un véhicule ou qui accompagne un élève conducteur alors qu'il résulte d'une analyse sanguine ou salivaire qu'elle a fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants est punie de deux ans d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende. Si la personne se trouvait également sous l'empire d'un état alcoolique caractérisé par une concentration d'alcool dans le sang ou dans l'air expiré égale ou supérieure aux taux fixés par les dispositions législatives ou réglementaires du présent code, les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende. / II.- Toute personne coupable des délits prévus par le présent article encourt également les peines complémentaires suivantes : / 1° La suspension pour une durée de trois ans au plus du permis de conduire ; cette suspension ne peut pas être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle ; elle ne peut être assortie du sursis, même partiellement () ".

4. Il ressort des termes de l'arrêté du 28 juin 2024 portant suspension du permis de conduire de M. B pour une durée de six mois qu'il est reproché à celui-ci d'avoir, le 25 juin 2024 à 7 heures 35 sur le territoire de la commune de Broue (Eure-et-Loir), conduit un véhicule après avoir fait usage de substances ou de plantes classées comme stupéfiants.

5. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté litigieux, M. B soutient que son permis de conduire lui est indispensable pour exercer son activité professionnelle de contrôleur technique, que ses activités professionnelles sont évidemment itinérantes et lui imposent des déplacements permanents et que la détention du permis de conduire est indispensable dans le cadre de ses activités économiques. Cependant, l'arrêté attaqué, fondé sur le constat d'une infraction réprimée par l'article L. 235-1 du code de la route, répond, eu égard à la gravité de cette dernière, à des impératifs de protection de la sécurité routière dont il appartient au juge des référés de tenir compte, pour apprécier objectivement et

globalement si la condition d'urgence prévue par les dispositions mentionnées ci-dessus est satisfaite. Dans ces conditions, et alors même que la décision attaquée porte atteinte à la situation personnelle, en l'occurrence professionnelle, du requérant, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le bien-fondé des moyens invoqués, la demande de M. B tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 juin 2024 du sous-préfet de Dreux.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Orléans, le 23 juillet 2024.

La juge des référés,

Armelle BEST-DE GAND

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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