mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403199 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | JOSSEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret a suspendu la validité de son permis de conduire délivré le 1er décembre 1997 sous le n° 950178100447 par la Sous-Préfecture de Mantes-La-Jolie, pour une durée de 6 mois ;
Il soutient que :
- l'urgence est constituée dès lors, d'une part, que son permis de conduire lui est indispensable pour exercer son activité professionnelle d'agent de contrôle au sein d'une société spécialisée dans les activités de transport alors que ses activités professionnelles sont itinérantes et lui imposent des déplacements permanents, d'autre part qu'aucun autre transport n'est possible et adapté au regard de l'amplitude horaire de cette activité et, en outre, que cette suspension porte atteinte à sa vie sociale ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, lequel est entaché de l'incompétence de son signataire, est insuffisamment motivé, méconnaît les dispositions des articles L. 224-2 et suivants du code de la route, méconnaît les dispositions de l'article L. 224-2 alinéa 3 du code de la route ; il méconnaît également les dispositions des articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
Vu :
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2403064
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
- le code de la route
Mme C Defranc-Dousset a été désignée par le président du tribunal administratif d'Orléans pour statuer sur les requêtes en référé au titre des articles L. 521-1 à L. 521-4 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Toutefois, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue
3. M. A demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret a suspendu pour six mois la validité de son permis de conduire pour des faits de dépassement de plus de 40 km / h de la vitesse autorisée.
4. Il soutient que son activité professionnelle d'agent de contrôle au sein d'une société de transport de voyageurs nécessite qu'il puisse disposer de son permis de conduire et produit à l'appui de cette allégation plusieurs bulletins de salaire qui constituent un commencement de preuve de ce que l'arrêté en litige peut avoir pour effet de rendre malaisé l'exercice de son activité professionnelle. Toutefois, il résulte de la décision attaquée que l'intéressé a été interpellé le 9 juin 2024 à 15h20mn alors qu'il conduisait à une vitesse retenue de 161 km/heure sur une route où la vitesse est limitée à 80 km/heure, sur le territoire de la commune de Bougy-Lez-Neuville. Il en résulte que le comportement de conducteur de M. A fait courir des risques aux autres et à lui-même et contrevient aux impératifs de protection de la sécurité routière dont il appartient au juge des référés de tenir compte.
5. Dans ces conditions, et alors même que la décision attaquée porte atteinte à la situation personnelle, en l'occurrence professionnelle, du requérant, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative rappelées au point 1 et de rejeter, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le bien-fondé des moyens invoqués, la demande de M. A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté de la préfète du Loiret du 10 juin 2024.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et la préfète du Loiret.
Fait à Orléans le 31 juillet 2024
La juge des référés
C DEFRANC-DOUSSET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2403199