mercredi 9 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403404 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, M. A B, représenté par Me Iosca, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI du 8 décembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retrait de points correspondant aux infractions commises entre 2012 et 2022, ainsi que la décision ministérielle rejetant implicitement son recours gracieux reçu le 26 avril 2024 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai de deux mois, à compter de la notification de la présente ordonnance.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu, à l'occasion des différentes infractions, les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions en cause n'est pas établie, en méconnaissance de l'article L. 223-1 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, au rejet au fond de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B demande au tribunal d'annuler la décision 48 SI du 8 décembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, les décisions de retrait de points correspondant aux infractions commises entre 2012 et 2022 et la décision ministérielle rejetant implicitement son recours gracieux reçu le 26 avril 2024.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal () peuvent, par ordonnance : () ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; /(). ".
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision 48 SI du 8 décembre 2022 portant notification d'un retrait d'un point à raison d'une infraction commise le 30 septembre 2022, récapitulant les décisions de retraits de points antérieures et informant M. B de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, a été notifiée au requérant le 24 décembre 2022. Cette notification, qui comportait la mention des voies et délais de recours, a fait courir le délai de recours contentieux. Le recours gracieux réceptionné le 26 avril 2024 n'a pas eu pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux. Ainsi, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 8 août 2024 est tardive et par suite manifestement irrecevable. Il suit de là que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée dans toutes ses conclusions par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Fait à Orléans, le 9 avril 2025.
Le président du tribunal,
B. GUÉVEL
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.