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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403814

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403814

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403814
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCHOLLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une pièce enregistrées les 12 et 13 septembre 2024, M. D A B, représentée par Me Chollet, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Loiret, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail sous la même astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- titulaire d'une carte de séjour temporaire arrivée à échéance le 29 août 2024, il en a demandé le renouvellement. Malgré des demandes, il n'a pas obtenu de récépissés de demande de carte de séjour ;

- il y a urgence à lui délivrer l'un des documents sollicités dès lors qu'il n'a plus aucun revenu, qu'il il ne peut pas travailler et qu'il ne peut même pas prétendre aux allocations chômage du fait de l'absence de titre de séjour ou de récépissé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, la préfète du Loiret conclut au non-lieu à statuer faisant valoir qu'un récépissé de court séjour (RCS) lui a été délivré dans l'attente de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Le mémoire en défense de la préfète du Loiret a été communiqué au requérant le 26 septembre 2024 en lui laissant un délai de sept jours pour présenter ses éventuelles observations, communication lue le jour même selon l'accusé de réception figurant dans l'application Télérecours. Aucune réponse n'a été enregistrée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement des articles L. 521-1 à L. 521-3 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. L'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. M. A B, ressortissant congolais (République du Congo), né le 10 janvier 1992 à Brazzaville (République du Congo), a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour temporaire arrivée à échéance le 29 août 2024 et donc la délivrance d'un récépissé court séjour afin de pouvoir reprendre ses missions en intérim et subvenir à ses besoins. Le 17 septembre 2024, l'intéressé a été informé qu'il était invité à se présenter en préfecture le jeudi 19 septembre à 14 heures 20 pour récupérer un récépissé court séjour (RCS) dans l'attente de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Toutefois, le conseil de l'intéressé a informé les services préfectoraux que l'intéressé avait été dans l'incapacité de se présenter au rendez-vous en raison de la perte de son portable et de l'impossibilité d'accéder à ses courriels avant le vendredi 20 septembre après-midi. Par conséquent, un nouveau rendez-vous lui a été proposé le 30 septembre 2024 à 10 heures 35 par courriel. La délivrance de l'un des deux documents sollicités par M. A B par la préfète du Loiret fait droit à la demande de l'intéressé, ce qu'il ne conteste pas. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les conclusions à fin d'astreinte :

3. Aux termes de l'article L. 911-3 du code de justice administrative : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911- 1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ".

4. Dès lors qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A B ainsi qu'il a été dit au point 2, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". En concluant à ce qu'il soit mis à la charge de l'État une somme au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, le conseil du requérant doit être, au regard de la nécessaire préservation des droits du requérant dans la procédure administrative contentieuse et en l'absence de toute décision prise par un bureau d'aide juridictionnelle ou de conclusion explicite d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle, nécessairement regardée comme demandant au juge l'admission, à titre provisoire, de son client. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A B, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.

6. M. A B a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que M. A B soit admis définitivement à l'aide juridictionnelle et Me Chollet, avocate de ce dernier, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement de 1 000 euros à Me Chollet. Dans l'hypothèse où M. A B ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. A B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 : L'État (préfète du Loiret) versera à Me Chollet, conseil de M. A B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de M. A B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Chollet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État. Dans l'hypothèse où M. A B ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Loiret.

Fait à Orléans, le 21 octobre 2024.

Le juge des référés,

M. ELe greffier,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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