jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403859 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | JOSSEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, M. A B, représenté par
Me Rémy Josseaume, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter de la date de retrait du titre.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que son activité d'artisan en revêtements de sol, qu'il exerce seul, nécessite impérativement qu'il puisse se déplacer en véhicule sur les différents chantiers et clients ;
- l'arrêté a été pris par une personne incompétente, n'est pas suffisamment motivé, méconnaît les dispositions des articles L. 224-2 et suivants et les articles R. 413-2 et R. 413-3 du code de la route et les articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
La requête a été communiquée au préfet de l'Yonne qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2403825 tendant à l'annulation de l'arrêté du
2 septembre 2024 du préfet de l'Yonne.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C Delandre en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que le 1er septembre 2024 à 17 heures 15, M. B a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour avoir commis un dépassement de plus de 40 km/h en circulant sur la commune de Saint-Cyr-les-Colons à la vitesse retenue de 189 km/h alors que la vitesse est limitée à 130 km/h. A la suite de ce contrôle, le préfet de l'Yonne a, par l'arrêté attaqué du 2 septembre 2024, pris sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter de la date de retrait du titre. Le requérant a demandé l'annulation de cet arrêté par une requête enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2403825. Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution de l'arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Pour contester l'arrêté attaqué, le requérant soutient, en premier lieu, que l'arrêté a été pris par une autorité incompétente, en deuxième lieu, qu'il n'est pas suffisamment motivé et, en troisième lieu, qu'il méconnaît les dispositions des articles L. 224-2 et suivants et les articles
R. 413-2 et R. 413-3 du code de la route et les articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Aucun de ces moyens n'apparaît propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué du préfet de l'Yonne.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Yonne.
Fait à Orléans, le 3 octobre 2024.
Le juge des référés,
C DELANDRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.