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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2404826

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404826

jeudi 17 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404826
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantWOLOCH

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de la société SCIP qui contestait une délibération du conseil municipal de Bannay s'opposant à son projet de micro-parc photovoltaïque. Le tribunal a jugé que cette délibération constituait un simple vœu sans caractère contraignant, la décision relevant de la compétence exclusive du préfet en vertu de l'article R. 422-2 du code de l'urbanisme. Les conclusions en annulation et celles demandant au juge de se prononcer sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme ont été déclarées manifestement irrecevables. La société SCIP a été condamnée à verser 1 000 euros à la commune au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 11 novembre 2024 et le 17 mars 2025, la société SCIP, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la délibération 6-17092024 en date du 17 septembre 2024 du conseil municipal de la commune de Bannay se prononçant contre son projet d'implantation d'un micro-parc photovoltaïque sur la parcelle ZI 208 ;

2°) de juger que le projet porté par la déclaration préalable DP01802024L0021 est conforme aux règles d'urbanisme en vigueur ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bannay une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2025, la commune de Bannay, représentée par Me Woloch, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société SCIP une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme

- le code de justice administrative.

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 422-2 du code de l'urbanisme : " Le préfet est compétent pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable () pour les ouvrages de production, de transport, de distribution et de stockage d'énergie lorsque cette énergie n'est pas destinée, principalement, à une utilisation directe par le demandeur ; () ".

3. Enfin, aux termes de l'article R. 423-72 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision est de la compétence de l'Etat, le maire adresse au chef du service de l'Etat dans le département chargé de l'instruction son avis sur chaque demande de permis et sur chaque déclaration. Cet avis est réputé favorable s'il n'est pas intervenu dans le délai d'un mois à compter du dépôt à la mairie de la demande de permis ou dans le délai de quinze jours à compter du dépôt à la mairie de la déclaration. () ".

4. En premier lieu, la requête présentée par la société SCIP tend à l'annulation de la délibération n° 6-17092024 du 17 septembre 2024 par laquelle le conseil municipal de la commune de Bannay s'est " prononcé contre " son projet d'installation d'un micro-parc photovoltaïque sur la parcelle ZI 208. Toutefois, la décision de non-opposition à la déclaration préalable, qui autorise l'occupation du sol par un ouvrage de production d'énergie qui n'est pas destinée, principalement, à une utilisation directe par le demandeur, relève exclusivement de la compétence du préfet en application de l'article R. 422-2 précité du code de l'urbanisme. Dès lors, la délibération rendue par le conseil municipal doit être regardée comme un simple vœu, dépourvu de caractère contraignant, et ne saurait en aucune manière lier l'autorité compétente pour prendre la décision finale. Cette délibération n'a donc pas valeur d'acte faisant grief et ne peut donner lieu à un recours pour excès de pouvoir. En conséquence, les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 17 septembre 2024, qui ne peuvent être régularisées, sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées.

5. En second lieu, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur les conclusions en déclaration de droit. Par conséquent, les conclusions demandant au tribunal de statuer sur la conformité du projet visé par la déclaration préalable aux règles d'urbanisme sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées.

6. En troisième lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Bannay, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que réclame la société SCIP au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SCIP le versement de la somme de 1 000 euros que réclame la commune de Bannay au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société SCIP est rejetée.

Article 2 : La société SCIP versera la somme de 1 000 euros à la commune de Bannay sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SCIP et à la commune de Bannay.

Fait à Orléans, le 17 avril 2025.

Le président de la 2ème chambre,

Denis LACASSAGNE

La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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