jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2500949 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KACOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 février 2025 à 11h24, M. C A, représenté par Me Kacou, avocat, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de cette mesure ;
2°) de suspendre son éloignement à destination de la Côte d'Ivoire, prévu le 26 février 2025 à 16 heures ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 800 euros à verser à son conseil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés présentés sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 à L. 521-4 de ce code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Aux termes de l'article L. 776-1 du code de justice administrative : " Les modalités selon lesquelles sont présentés et jugés les recours formés devant la juridiction administrative contre les décisions relatives à l'entrée, au séjour et à l'éloignement des étrangers obéissent, lorsque les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le prévoient, aux règles spéciales définies au livre IX du même code ". Il résulte des pouvoirs confiés au juge par les dispositions du livre IX du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux délais qui lui sont impartis pour se prononcer et aux conditions de son intervention, que les procédures spéciales instituées par ces dispositions pour contester une obligation de quitter le territoire français présentent des garanties au moins équivalentes à celles des procédures régies par le livre V du code de justice administrative, dont elles excluent, par suite, la mise en œuvre. Il en va toutefois autrement dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.
3. M. A a fait l'objet, le 1er octobre 2024, d'un arrêté du préfet d'Eure-et-Loir portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et désignation du pays de destination. La requête qu'il a introduite le 16 novembre 2024 contre cet arrêté, ainsi que la requête qu'il a ultérieurement formée contre l'arrêté du 6 décembre 2024 l'assignant à résidence, ont été rejetées par un jugement du 26 décembre 2024 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans, statuant dans les conditions prévues par les articles L. 922-1 et suivants et R. 922-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. M. A fait valoir, à l'appui de sa requête, que l'exécution de la mesure d'éloignement est prévue pour le 26 février 2025 à 16 heures. Il fait valoir également qu'il a interjeté appel contre le jugement du 26 décembre 2024 et invoque son droit à un recours effectif. Par ailleurs, il invoque son droit au respect de sa vie privée et familiale ainsi que l'intérêt supérieur de son enfant, en produisant des pièces destinées à établir, d'une part, la réalité de sa contribution à l'entretien et à l'éducation de sa fille de nationalité française, d'autre part, l'intensité de sa vie privée et familiale sur le territoire français. Ce faisant, le requérant n'invoque aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait qui serait survenu depuis l'intervention de l'arrêté du 1er octobre 2024 et le jugement du 26 décembre 2024 et qui conduirait à ce que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français puisse être regardée comme emportant des effets excédant ceux qui s'attachent normalement à la mise à exécution d'une mesure d'éloignement. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 1er octobre 2024 ainsi que de l'éloignement du requérant à destination de la Côte d'Ivoire sont manifestement irrecevables.
5. Par ailleurs, pour justifier d'une situation d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. A se borne à faire état de ce que l'exécution de la mesure d'éloignement est prévue pour le 26 février 2025 à 16 heures. Une telle circonstance, qui se rapporte aux effets de l'obligation de quitter le territoire français et non aux effets de la décision distincte portant refus de titre de séjour, laquelle n'implique pas par elle-même l'éloignement du requérant, n'est manifestement pas de nature à caractériser l'urgence qu'il y aurait à suspendre ce refus de titre de séjour.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. A dans toutes ses conclusions, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du même code et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans qu'il y ait lieu d'admettre le requérant à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.
Fait à Orléans, le 27 février 2025.
Le juge des référés,
Frédéric B
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.