mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2503724 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2025, M. C B A, représenté par Me Seguin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Cher de lui délivrer un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance qui sera rendue, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renoncer à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2025, le préfet du Cher conclut au non-lieu à statuer en raison de la délivrance d'un récépissé de demande de carte de séjour.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement des articles L. 521-1 à L. 521-3 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de la loi du 10 juillet 1991 : " () L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président () soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. M. B A a présenté une demande d'aide juridictionnelle le 17 juillet 2025 sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, en application des dispositions citées au point précédent, d'admettre le requérant à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ".
4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
5. Il résulte de l'instruction que par courriel du 23 juillet 2025 adressé à l'association Le Relais 18 qui héberge M. B A, le préfet du Cher a informé ce dernier de la disponibilité en préfecture d'un récépissé de demande d'un premier titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire l'autorisant à travailler valable du 23 juillet 2025 au 22 janvier 2026. Dans ces conditions, le préfet du Cher a favorablement répondu à la demande principale formulée dans le cadre du présent recours. Par suite, il,'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
4. M. B A a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que M. B A soit admis définitivement à l'aide juridictionnelle et Me Seguin, avocat de ce dernier, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement de 1 200 euros à Me Seguin. Dans l'hypothèse où M. B A ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 3 : L'État (préfet du Cher) versera à Me Seguin, conseil de M. B A, une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de M. B A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Seguin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État. Dans l'hypothèse où M. B A ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A et au ministre d'État, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Cher.
Fait à Orléans, le 29 juillet 2025.
Le juge des référés,
G. GIRARD-RATRENAHARIMANGA
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.