Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé, a fait droit à la demande du maire d'Azay-sur-Cher fondée sur l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. Le juge a désigné un expert architecte pour examiner des bâtiments (grange et maison) menaçant ruine, situés 7 rue du Gué, et appartenant à M. et Mme B... La mission de l'expert consiste à constater l'état des lieux, évaluer le danger potentiel pour la sécurité publique, et proposer des mesures de nature à y remédier. Cette décision a été prise en application des articles L. 511-9 et R. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que des articles R. 531-1 et R. 556-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2025, le maire d’Azay-sur-Cher (Indre-et-Loire) demande au juge des référés de nommer un expert, en application des dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, aux fins d’examiner l’état des bâtiments et notamment de la grange situés 7 rue du Gué à Azay-sur-Cher, cadastrés section ZE n° 156.
Il soutient que les bâtiments en cause, dont M. et Mme E... et D... B... sont propriétaires, présentent un péril pour la sécurité publique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : « Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. » Selon l’article R. 511-2 de ce code : « Lorsque l'autorité compétente demande à la juridiction administrative la désignation d'un expert en vertu de l'article L. 511-9, il est fait application des dispositions du chapitre 1er du titre III du livre V du code de justice administrative et de l'article R. 556-1 du même code ».
2. D’autre part, aux termes de l’article R. 556-1 du code de justice administrative : « Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, d’une demande tendant à la désignation d’un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l’article R. 531-1 ».
3. Enfin, aux termes de l’article R. 531-1 du code de justice administrative : « S’il n’est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d’avocat et même en l’absence d’une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. Il peut, à cet effet, désigner une personne figurant sur l'un des tableaux établis en application de l’article R. 221-9. Il peut, le cas échéant, désigner toute autre personne de son choix. Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels (...) ».
4. Le maire d’Azay-sur-Cher fait valoir que les bâtiments situés 7 rue du Gué, cadastrés section ZE n° 156, dont M. et Mme E... et D... B... sont propriétaires, présentent un péril pour la sécurité publique compte tenu des risques d’effondrement en raison de l’affaissement de la toiture et de la fissuration d’un pignon de la grange ainsi que de l’état de délabrement général de la maison. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d’un expert.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C... A..., architecte, demeurant 4 place de la Grange à Joué-lès-Tours (37300), est désigné en qualité d’expert avec pour mission de :
- dans les vingt-quatre heures suivant l’intervention de la présente ordonnance, se rendre sur la propriété située 7 rue du Gué à Azay-sur-Cher, examiner les bâtiments, dresser constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens ;
- donner son avis sur l’état de ces immeubles, la solidité de leurs éléments constitutifs et sur l’existence d’un éventuel danger pour les occupants de l’immeuble ou les tiers ;
- donner son avis sur le caractère imminent de ce danger ;
- le cas échéant, proposer les mesures de nature à mettre fin au danger s'il le constate.
Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles énumérés à l’article R. 531-2 du code de justice administrative.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l’expert effectuera une déclaration sur l’honneur dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Le constat aura lieu en présence d’un représentant de la commune d’Azay-sur-Cher et de M. et Mme E... et D... B..., les propriétaires.
Article 5 : L’expert avertira le maire et les propriétaires par tous moyens utiles des jours et heures de la visite des immeubles prévue à l’article 1er.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe par voie électronique dans les conditions de l’article R. 621-9, dans les plus brefs délais. Des copies seront notifiées par l’expert au maire et aux propriétaires. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. L’expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : Les frais et honoraires de l’expert seront mis à la charge de la personne ou des personnes désignées par l’ordonnance par laquelle le président du tribunal procédera à leur liquidation et taxation.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d’Azay-sur-Cher, à M. et Mme E... et D... B..., les propriétaires, et à M. C... A..., l’expert.
Fait à Orléans, le 12 novembre 2025.
Le juge des référés,
Jérôme BERTHET-FOUQUÉ
La République mande et ordonne au préfet d’Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.