Le Tribunal administratif d’Orléans, statuant en référé, a fait droit à la demande du maire de Nogent-le-Rotrou fondée sur l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation. Cette demande visait à faire désigner un expert pour examiner un bâtiment menaçant ruine, situé 111 rue Saint Hilaire, en raison de risques d’effondrement. Le juge a ordonné la nomination d’un architecte avec pour mission de constater l’état du bâtiment, d’évaluer le danger éventuel et son caractère imminent, et de proposer des mesures de mise en sécurité. La décision s’appuie sur les dispositions du code de la construction et de l’habitation ainsi que sur les articles R. 531-1 et R. 556-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 décembre 2025, le maire de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) demande au juge des référés de nommer un expert, en application des dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, aux fins d’examiner l’état du bâtiment situé 111 rue Saint Hilaire à Nogent-le-Rotrou, cadastré section CE 35.
Il soutient que le bâtiment en cause, dont Mme B... A... est propriétaire, présente un péril pour la sécurité publique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : « Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. » Selon l’article R. 511-2 de ce code : « Lorsque l'autorité compétente demande à la juridiction administrative la désignation d'un expert en vertu de l'article L. 511-9, il est fait application des dispositions du chapitre 1er du titre III du livre V du code de justice administrative et de l'article R. 556-1 du même code ».
2. D’autre part, aux termes de l’article R. 556-1 du code de justice administrative : « Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, d’une demande tendant à la désignation d’un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l’article R. 531-1 ».
3. Enfin, aux termes de l’article R. 531-1 du code de justice administrative : « S’il n’est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d’avocat et même en l’absence d’une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. Il peut, à cet effet, désigner une personne figurant sur l'un des tableaux établis en application de l’article R. 221-9. Il peut, le cas échéant, désigner toute autre personne de son choix. Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels (...) ».
4. Le maire de Nogent-le-Rotrou fait valoir que le bâtiment situé 111 rue Saint Hilaire, cadastré section CE 35, dont Mme A... est propriétaire, présente un péril pour la sécurité publique compte tenu des risques d’effondrement en raison de l’affaissement d’une partie de la toiture, de la présence de fissures en façade et de la déformation du mur soutenant la toiture. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d’un expert.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C... D..., architecte, demeurant 29 rue de la Croix Blanche à Chartres (28000), est désigné en qualité d’expert avec pour mission de :
- dans les vingt-quatre heures suivant l’intervention de la présente ordonnance, se rendre dans l’immeuble situé 111 rue Saint Hilaire à Nogent-le-Rotrou, examiner le bâtiment, dresser constat de son état y compris celui des bâtiments mitoyens ;
- donner son avis sur l’état de cet immeuble, la solidité de ses éléments constitutifs et sur l’existence d’un éventuel danger pour les occupants de l’immeuble ou les tiers ;
- donner son avis sur le caractère imminent de ce danger ;
- le cas échéant, proposer les mesures de nature à mettre fin au danger s'il le constate.
Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles énumérés à l’article R. 531-2 du code de justice administrative.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l’expert effectuera une déclaration sur l’honneur dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Le constat aura lieu en présence d’un représentant de la commune de Nogent-le-Rotrou et de Mme A..., la propriétaire.
Article 5 : L’expert avertira le maire et la propriétaire par tous moyens utiles des jours et heures de la visite des immeubles prévue à l’article 1er.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe par voie électronique dans les conditions de l’article R. 621-9, dans les plus brefs délais. Des copies seront notifiées par l’expert au maire et à la propriétaire. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. L’expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : Les frais et honoraires de l’expert seront mis à la charge de la personne ou des personnes désignées par l’ordonnance par laquelle le président du tribunal procédera à leur liquidation et taxation.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Nogent-le-Rotrou, à Mme B... A..., la propriétaire, et à M. C... D..., l’expert.
Fait à Orléans, le 19 décembre 2025.
Le juge des référés,
Jérôme BERTHET-FOUQUÉ
La République mande et ordonne au préfet d’Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.