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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2600584

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2600584

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2600584
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantJOSSEAUME

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'un arrêté préfectoral. Le requérant contestait l'obligation de conduire avec un éthylotest anti-démarrage, mais le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la mesure ne suspendait pas son permis. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 3 décembre 2025 par lequel le sous-préfet de Dreux l’a autorisé à conduire exclusivement les véhicules à moteur équipés d’un dispositif homologué d’éthylotest anti-démarrage pour une durée de sept mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de la route ;
le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... a fait l’objet, le 2 décembre 2025 sur le territoire de la commune d’Anet (Eure-et-Loir), d’une mesure de rétention de son permis de conduire. Par l’arrêté contesté, le sous-préfet de Dreux l’a autorisé à conduire exclusivement les véhicules à moteur équipés d’un dispositif homologué d’éthylotest anti-démarrage pour une durée de sept mois. Le requérant demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cet arrêté.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de son article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de l’arrêté contesté, M. A... soutient que la détention du permis de conduire est indispensable à l’exercice de sa profession d’agent immobilier. Toutefois, l’arrêté du 3 décembre 2025 ne suspend pas le permis de conduire de M. A... et ne le prive pas davantage du droit de conduire mais le restreint pour une durée de sept mois aux véhicules équipés d’un éthylotest anti-démarrage. Dans ces conditions, la condition d’urgence ne saurait être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner l’existence de moyens propres à créer en l’état de l’instruction un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. A... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet d'Eure-et-Loir.

Fait à Orléans, le 16 février 2026.

Le juge des référés,




J. BERTHET-FOUQUÉ

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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