LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2102324

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2102324

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2102324
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP MARTEAU-REGNIER-MERCIER-PONTON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 octobre 2021 et 11 octobre 2022, M. E C, représenté par Me Ponton, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 6 mai 2021 par laquelle le préfet de la Marne a refusé de l'habiliter à accéder à la zone réservée de l'aéroport de Châlons-Vatry et la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer l'habilitation à accéder à la zone réservée de l'aéroport de Châlons-Vatry dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge du préfet de la Marne la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de compétence ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- son droit d'être entendu, garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu ;

- aucune enquête administrative n'a été réalisée en méconnaissance de l'article

L. 6342-3 du code des transports ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, le préfet de la Marne, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des transports ;

- le code de l'aviation civile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G D,

- les conclusions de Mme F de Laporte, rapporteure publique,

- et les observations de M. B représentant le préfet de la Marne.

Considérant ce qui suit :

1. L'établissement public de gestion de l'aéroport de Vatry a déposé une demande tendant à ce que M. C, exerçant des fonctions de consultant informatique, soit habilité à accéder à la zone réservée de cet aéroport. Par une décision du 6 mai 2021, le préfet de la Marne a refusé de faire droit à cette demande. La demande de recours hiérarchique dirigé contre la décision précitée a été implicitement rejetée par le ministre de l'intérieur. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur les conclusions aux fin d'annulation :

En ce qui concerne le vice de compétence :

2. Par un arrêté du 12 avril 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Marne du même jour, le préfet de la Marne a donné délégation de signature à M. H A, sous-préfet de l'arrondissement de Vitry-le-François, à l'effet de signer, pour ce qui concerne l'aéroport de Châlons-Vatry, les arrêtés réglementant la sûreté de l'aéroport. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne le défaut de motivation :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 6342-3 du code des transports, dans sa rédaction applicable au litige : " Les personnes ayant accès aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes ou aux approvisionnements de bord sécurisés, ainsi que celles ayant accès au fret, aux colis postaux ou au courrier postal, sécurisés par un agent habilité ou ayant fait l'objet de contrôles de sûreté par un chargeur connu et identifiés comme devant être acheminés par voie aérienne, doivent être habilitées par l'autorité administrative compétente. / La délivrance de cette habilitation est précédée d'une enquête administrative donnant lieu, le cas échéant, à consultation du bulletin n° 2 du casier judiciaire et des traitements automatisés de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification. / () " et aux termes de l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile : " I.- L'habilitation mentionnée à l'article L. 6342-3 du code des transports est demandée par l'entreprise ou l'organisme qui emploie la personne devant être habilitée. () / L'habilitation est délivrée ou refusée par le préfet exerçant les pouvoirs de police sur l'aérodrome lorsque l'entreprise ou l'organisme concerné est situé sur l'emprise de celui-ci, ou par le préfet territorialement compétent dans les autres cas. () / L'habilitation est valable sur l'ensemble du territoire national pour une durée maximale de cinq ans. / II.- L'habilitation peut être retirée ou suspendue par le préfet territorialement compétent lorsque la moralité ou le comportement de la personne titulaire de cette habilitation ne présente pas les garanties requises au regard de la sûreté de l'Etat, de la sécurité publique, de la sécurité des personnes, de l'ordre public ou sont incompatibles avec l'exercice d'une activité dans les zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes, dans les lieux de préparation et stockage des approvisionnements de bord, ou des expéditions de fret ou de courrier postal sécurisées et devant être acheminées par voie aérienne, ainsi que dans les installations mentionnées au III de l'article R. 213-3. / () ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 () ".

5. Il résulte des dispositions citées aux points 3 et 4 ci-dessus que la décision par laquelle le préfet territorialement compétent refuse, sur le fondement de l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile, de délivrer ou de renouveler l'habilitation prévue à l'article L. 6342-3 du code des transports, constitue un refus d'autorisation au sens du 7° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, sauf à ce que la communication de ses motifs soit de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 du même code, une telle décision doit être motivée.

6. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser de délivrer à l'employeur de M. C l'habilitation pour accéder à la zone réservée de l'aéroport de Châlons-Vatry, le préfet de la Marne s'est notamment fondé sur les informations émanant de l'enquête administrative, d'après lesquelles l'intéressé serait en relation avec des personnes issues de la mouvance salafiste et pro-djihadistes. Le préfet de la Marne a produit à l'instance une note blanche dont le contenu permet de considérer que la communication des motifs de sa décision pouvait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du b) et du d) du 2° de l'article L. 311-5 du code des relations entre le public et l'administration précité. Il est ainsi justifié que la décision en litige entrait dans le champ de la dérogation à l'obligation de motivation des décisions refusant une autorisation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du préfet doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de son droit d'être entendu :

7. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".

8. Il résulte clairement de ces stipulations, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne dans son arrêt du 5 novembre 2014 (Sophie M., C-166/13), que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union, de sorte que l'intéressé dont l'employeur sollicite une habilitation d'accès à une zone réservée d'un aéroport ne saurait tirer de ces stipulations un droit d'être entendu dans toute procédure relative à la demande de la société l'employant.

En ce qui concerne l'absence d'enquête administrative :

9. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Marne a procédé à une enquête administrative préalable dès lors qu'il a obtenu des informations de la part des services de renseignement tel que cela ressort de la note produite en défense. Les dispositions de l'article L. 6342-3 du code des transports ne prévoit pas que l'intéressé soit entendu. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure manque en fait.

En ce qui concerne l'erreur de droit et l'erreur manifeste d'appréciation :

10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'enquête administrative de la direction générale de la sécurité intérieure du 16 septembre 2022, que M. C a été identifié comme étant proche de la mouvance salafiste. Cette note précise également que l'intéressé entretient des relations avec trois individus pro-djihadistes, dont l'un était à la tête d'un groupe islamiste ayant des velléités de se rendre en zone syro-irakienne, et l'autre étant un membre historique de la mouvance salafiste châlonnaise. Si le requérant conteste être un membre fondateur d'une association proche de la mouvance salafiste, il ne conteste pas participer aux activités de cette association. Par ailleurs, il n'apporte, en tout état de cause, aucun élément permettant de justifier des liens familiaux qui l'unirait avec les trois personnes connues pour leur rigorisme religieux révélées dans le cadre de l'enquête administrative, et ne démontre pas qu'il les fréquenterait uniquement dans un contexte familial. Il s'ensuit que ces éléments relatifs à des faits antérieurs ou concomitants à l'intervention de la décision en litige, sont suffisamment précis pour caractériser l'incompatibilité du comportement et des fréquentations de M. C avec l'autorisation d'accès sollicitée. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de fait ni d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Marne a pu considérer que le comportement du requérant, alors même que M. C aurait déjà bénéficié d'habilitation temporaire et serait parfaitement intégré en France, était incompatible avec son accès à la zone réservée de l'aéroport de Châlons-Vatry.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par

M. C, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Marne.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,

M. Clemmy Friedrich, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.

La rapporteure,

S. D

Le président,

O. NIZET

La greffière,

N. MASSON

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions