lundi 28 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301887 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | GABON |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 21 août 2023, sous le n° 2301887, M. A C, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin a décidé de sa réadmission en Espagne afin d'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin de faire droit à sa demande d'asile et de se déclarer compétente pour l'étudier, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par un auteur incompétent ;
- il est insuffisamment motivé ;
- ne pas avoir été averti de la possibilité de contacter son consulat, un conseil de son choix et de formuler des observations ;
- les documents prévus à l'article 4 du règlement n° 604/2013 ne lui ont pas été communiqués ;
- il n'a pu formuler d'observations ;
- l'entretien individuel prévu par les dispositions précitées n'a pas eu lieu ;
- l'entretien individuel a été réalisé en l'absence de personnel qualifié, de confidentialité et d'un interprète ; il n'a pas eu accès au résumé de l'entretien ;
- la notification de la décision en litige a eu lieu, sans qu'il ne soit entendu et informé de ses droits ;
- il n'est pas établi que l'Espagne a accepté de prendre en charge l'examen de sa demande d'asile ;
- la préfète ne s'est pas livrée à un examen complet de sa situation personnelle ;
- une réadmission en Espagne est contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision en litige porte atteinte à sa vie familiale dès lors qu'il justifie de considérations d'ordre humanitaires, familiales et médicales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable comme enregistrée tardivement ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 24 août 2023, M. A C conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens et ajoute que sa requête est recevable.
II. Par une requête, enregistrée le 21 août 2023, sous le n° 2301888, M. A C, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision en litige a été prise par un auteur incompétent ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- il n'a pas, préalablement, été entendu et mis en mesure de formuler ses observations ;
- il n'a pas été destinataire du formulaire prévu à l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'a pu être accompagné d'une personne de son choix ;
- en prenant la décision en litige, la préfète s'est substituée à la présente juridiction, en préjugeant de la légalité de la décision de réadmission, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que son transfert " serait une perspective raisonnable dans le cadre du contexte sanitaire actuel et des craintes qu'il a exposés en cas de transfert en Allemagne " ;
- l'arrêté en cause porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ;
- il ne peut en raison de son impécuniosité se rendre quotidiennement au commissariat de police.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable comme enregistrée tardivement ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure civile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Gabon qui reprend à l'oral les conclusions et moyens contenus dans ses écritures, insiste sur le fait que la requête n'est pas tardive dès lors que l'intéressé s'est trouvé dans l'impossibilité de respecter le délai de recours et ajoute que les autorités françaises ont, pour demander à l'Espagne, de reprendre en charge le requérant, retenues une base légale erronée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit,
1. M. C, ressortissant centrafricain, est entré en France irrégulièrement à une date indéterminée et y a présenté une demande d'asile le 3 mai 2023. Les autorités espagnoles ont été saisies par la France d'une demande de reprise en charge. Elles ont expressément accepté cette demande le 31 mai 2023. Par les présents recours M. C demande l'annulation de la décision, du 17 juillet 2023, notifiée le 18 août 2023, par laquelle la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé de sa réadmission en Espagne et de l'arrêté du même jour, notifié également le 18 août 2023, l'assignant à résidence.
2. Les requêtes n° 2301887 et n° 2301888, présentées par M. C, concernent la situation d'un même étranger. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les demandes d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre au titre des dossiers n° 2301887 et n° 2301888, provisoirement M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin :
4. Aux termes du II de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au présent litige : " Lorsque la décision de transfert est notifiée avec une décision d'assignation à résidence édictée en application de l'article L. 751-2, ou une décision de placement en rétention édictée en application de l'article L. 751-9, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la décision. / Il est statué selon les conditions et délais prévus aux articles L. 614-7 à L. 614-13. " Aux termes du II de l'article R. 777-3-1 du code de justice administrative : " II. - Conformément aux dispositions de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification simultanée d'une décision de placement en rétention ou d'assignation à résidence et d'une décision de transfert fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester la décision de transfert et, le cas échéant, celle d'assignation à résidence. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Le délai spécial de quarante-huit heures prévu par ces dispositions, qui n'est pas un délai franc et n'obéit pas aux règles définies à l'article 642 du code de procédure civile, se décompte d'heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation.
5. Il ressort des pièces du dossier que les arrêtés transférant aux autorités espagnoles l'examen de la demande d'asile de M. C et assignant l'intéressé à résidence, dans l'attente de l'exécution de ce transfert, lui ont été notifiés le 18 août 2023, respectivement, à 13h46 et 13h49. Ils comportaient mention des voies et délais de recours ouverts à leur encontre dans une formulation qui, contrairement à ce qui a été soutenu à l'audience, était dénuée de toute ambiguïté. La circonstance que les décisions en litige ont été notifiées un vendredi est, en tout état de cause, insuffisante pour, comme le soutien le requérant, le relever de cette forclusion dès lors qu'elle ferait obstacle à son droit au recours effectif. De même, il ne peut, en tout état de cause, se prévaloir du temps que représente le voyage en train entre son domicile et Strasbourg, lieu où lui ont été notifiées les décisions en cause, pour à nouveau soutenir que la forclusion ne saurait lui être opposée dès lors qu'elle le priverait d'un recours effectif, alors que pendant ce temps de transport ou avant même le départ de son train, il lui était loisible de prendre l'attache téléphonique de son conseil. Dans ces conditions, dès lors que le délai de recours était écoulé le 21 août 2023, date d'enregistrement des requêtes, il y a lieu d'accueillir les fins de non-recevoir opposées par l'administration, tirées de la tardiveté des requêtes.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation, d'injonction et relatives aux frais de l'instance, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis, dans les dossiers n° 2301887 et n° 2301888, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin et à Me Gabon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 août 2023.
Le juge des référés,
Signé
O. BLe greffier,
Signé
A. PICOT
Nos 2301887, 2301888
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600864
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a été saisi de trois requêtes en excès de pouvoir visant des arrêtés préfectoraux ordonnant le transfert vers la Suède et l'assignation à résidence de demandeurs d'asile. La juridiction a rejeté les demandes d'annulation, considérant que les moyens soulevés, notamment sur la motivation, le respect des droits de la défense et l'application du règlement Dublin III (UE n°604/2013), n'étaient pas fondés. Les décisions attaquées ont ainsi été jugées régulières au regard du droit des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600876
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a annulé la décision du directeur territorial de l'OFII refusant les conditions matérielles d’accueil à l’enfant mineure. Le juge a retenu que l’autorité avait méconnu les exigences procédurales, notamment l’obligation de motivation et la prise en compte de la vulnérabilité de la famille, prescrites par les articles L. 551-15 et L. 522-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La requérante a également été admise à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle en raison de l’urgence de sa situation.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600899
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté préfectoral prolongeant son assignation à résidence. Le tribunal a jugé que le défaut d'interprète lors de la notification, invoqué au titre de l'article L. 141-3 du CESEDA, était inopérant car il n'affecte pas la légalité de la décision. Il a également estimé que la condition de perspectives raisonnables d'éloignement, prévue à l'article L. 731-1 du CESEDA, était satisfaite au vu des démarches engagées par l'administration.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600833
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus des conditions matérielles d’accueil (CMA) notifié par l’OFII. Le juge a estimé que la décision, fondée sur l’article L. 551-15 du CESEDA pour un dépôt de demande d’asile hors du délai de 90 jours, était correctement motivée et avait pris en compte la situation du requérant. Les moyens soulevés, notamment sur l’examen de la vulnérabilité et la formation de l’agent, n’ont pas été retenus.
01/04/2026