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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2301891

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2301891

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2301891
TypeDécision
PublicationC
FormationJuge unique - 2ème chambre
Avocat requérantDE LA ROCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi n°2311622 du 9 août 2023, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne la requête de M. A C, enregistrée le 7 août 2023. Par sa requête, M. C, représenté par Me de la Roche, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le préfet de la Loire-Atlantique sur sa demande du 6 avril 2023 tendant à ce que son permis de conduire britannique soit échangé contre un permis de conduire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'échange demandé ;

3°) de condamner l'État au versement de la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice qu'il prétend avoir subi ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de rejet de sa demande d'échange de permis de conduire a été édictée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation, en tant qu'elle tire les conséquences d'une décision d'invalidation de permis de conduire qui n'aurait pas dû intervenir ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut à l'irrecevabilité et au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est tardive et a été présentée en méconnaissance des dispositions combinées des articles R. 411-1, R. 412-1, R. 421-1 et R. 421-2 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative les parties ont été averties que le présent jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions d'annulation dès lors qu'elles visent une décision confirmative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- l'arrêté du 8 février 1999 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États appartenant à l'Union européenne et à l'Espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique ;

- et les observations de Me de la Roche représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. () ". L'article R. 412-1 du même code dispose que : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie. ". Et aux termes de l'article R. 421-1 de ce même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".

Sur les conclusions d'annulation :

2. Par sa requête, M. C entend contester la décision implicite, née le 6 juin 2023, par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande tendant à l'échange de son permis de conduire britannique contre un permis de conduire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier que par une décision expresse du 17 février 2023, portant mention des voies et délais de recours, notifiée le 23 février 2023, l'administration a rejeté la demande de l'intéressé. Cette décision est devenue définitive. Par suite, alors qu'aucun changement dans les circonstances de fait ou de droit n'était intervenue, la décision du 6 juin 2023 est purement confirmative de la décision du 17 février 2023. Les conclusions tendant à son annulation sont, par suite, irrecevables.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme C a saisi l'administration d'une demande indemnitaire. Par suite, les conclusions de la requête tendant à obtenir la condamnation de l'Etat sont irrecevables et la fin de non-recevoir soulevée en ce sens par le préfet de la Loire-Atlantique doit être accueillie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le magistrat désigné,

O. B

La greffière,

I. DELABORDE

N°2301891

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