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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2500770

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2500770

lundi 31 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2500770
TypeDécision
Avocat requérantSELARL MAINNEVRET-MALBLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mars 2025, complétée par un mémoire enregistré

le 28 mars 2025, Mme C B et M. D A, représentés par Me Mainnevret, demandent au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de les admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'assortir l'injonction prononcée à l'article 3 de l'ordonnance n°240273du 19 novembre 2024 d'une astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- alors que l'ordonnance a été rendue il y a près de quatre mois, il n'a pas été satisfait à l'injonction prononcée, malgré l'évolution de la situation des requérants ;

- la régularité de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, à supposer qu'il existe, ne peut pas être vérifiée ;

- l'état de santé de l'enfant nécessite une prise en charge médicale en France.

Le préfet de la Marne a produit des pièces enregistrées le 25 mars 2025 et qui ont été communiquées.

La présidente du tribunal a désigné M. Deschamps, vice-président, pour statuer

sur les demandes de référé.

Vu l'ordonnance n°2402732 du 19 novembre 2024 du tribunal administratif

de Châlons-en-Champagne.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Deschamps, juge des référés,

- et les observations de Me Malblanc, substituant Me Mainnevret, représentant Mme B et M. A. Me Malblanc reprend les observations écrites qui avaient été présentées. Il demande en outre que la requête soit regardée comme dirigée contre les décisions du 21 mars 2025 et que les effets de ces décisions soient suspendus. Il précise que ces décisions n'ont pas été notifiées aux requérants, et ne leur sont ainsi pas opposables, et que la pathologie de l'enfant ne peut pas être prise en charge dans son pays d'origine.

Le juge des référés a informé les parties, en application des dispositions

de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance à intervenir, était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office tiré d'un non-lieu à statuer

sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative en raison de l'intervention de décisions explicites prises le 21 mars 2025.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance n° 2402732 du 19 novembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a prononcé la suspension de l'exécution de la décision implicite rejetant la demande de titre de séjour de Mme B et de M. A jusqu'à

ce qu'il soit statué sur le fond du litige, a enjoint au préfet de la Marne de statuer explicitement, à titre provisoire et dans un délai d'un mois, sur les demandes de titre de séjour présentées

par Mme B et M. A et a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros

sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En l'absence d'exécution

de la mesure d'injonction dans le délai imparti, Mme B et M. A demandent

par la présente requête au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assortir l'injonction prononcée d'une astreinte

de 150 euros par jour de retard.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. Au vu de l'urgence à statuer sur la demande de Mme B et de M. A, il y a lieu de les admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Et aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

5. S'il n'appartient pas au juge des référés de prononcer, de son propre mouvement, des mesures destinées à assurer l'exécution de celles qu'il a déjà ordonnées, il peut, d'office, en vertu de l'article L. 911-3 du code de justice administrative, assortir les injonctions qu'il prescrit d'une astreinte. Il incombe dans tous les cas aux différentes autorités administratives de prendre, dans les domaines de leurs compétences respectives, les mesures qu'implique le respect des décisions juridictionnelles. Si l'exécution d'une ordonnance prise par le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, peut être recherchée dans les conditions définies par le livre IX du même code, et en particulier

les articles L. 911-4 et L. 911-5, la personne intéressée peut également demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, d'assurer l'exécution des mesures ordonnées demeurées sans effet par de nouvelles injonctions et une astreinte.

6. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Marne, en application de l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance visée ci-dessus, a statué explicitement sur les demandes de titre de séjour des requérants par deux décisions du 21 mars 2025. Par suite,

les conclusions tendant à ce qu'il soit prononcé une astreinte en vue de l'exécution de cette injonction sont devenues sans objet, et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions tendant à la suspension des effets des décisions du 21 mars 2025 :

7. Il n'entre pas dans l'office du juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de se prononcer sur des conclusions tendant à la suspension des effets d'une décision qui se serait substituée

à celle concernée par l'ordonnance de référé dont l'exécution est demandée. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par les requérants en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B et M. A sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2r : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées

sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, à M. D A, à Me Romain Mainnevret et au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Copie ne sera adressée au préfet de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2025.

Le juge des référés,

signé

A. DESCHAMPSLe greffier,

signé

A. PICOT

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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