LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2500809

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2500809

jeudi 3 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2500809
TypeDécision
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantSELARL LE CAB AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a annulé la décision du 17 mars 2025 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) refusait à Mme A, ressortissante angolaise, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le juge a considéré que Mme A, entrée en France comme mineure isolée et prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, justifiait d'un motif légitime pour n'avoir sollicité l'asile que tardivement, rendant inopposable le délai de quatre-vingt-dix jours prévu à l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, le tribunal a enjoint à l'OFII d'accorder ces conditions matérielles d'accueil à Mme A à compter de sa majorité, le 6 mai 2025.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 mars 2025 et 1er avril 2025, Mme B C A, représentée par Me Camille Assailly, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 17 mars 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui attribuer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de l'acquisition de sa majorité, soit le 6 mai 2025 ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est mineure et placée sous la sauvegarde de l'aide sociale à l'enfance, de sorte que le délai imparti à l'étranger pour déposer une demande d'asile ne peut lui être opposé ;

- les conditions matérielles d'accueil doivent lui être accordées à compter du 6 mai 2025.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Friedrich, premier conseiller.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Clemmy Friedrich,

- les observations de Me Akpadji, se substituant à Me Assailly qui représente Mme A, qui fait valoir que celle-ci est entrée en France comme mineure isolée, qu'elle a été prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance et qu'elle a tardé à déposer une demande d'asile en raison de la succession des éducateurs sociaux qui l'ont assistée.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après que le conseil de la requérante a formulé des observations orales au cours de l'audience publique.

Une note en délibéré présentée pour Mme A a été enregistrée le 3 avril 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante angolaise déclarant être née le 6 mai 2007, demande au tribunal d'annuler la décision du 17 mars 2025 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. " Le délai auquel il est fait référence est fixé à quatre-vingt-dix jours à compter de l'entrée en France de l'intéressé.

3. Il ressort des pièces du dossier que, si Mme A est entrée en France à la date déclarée du 30 juin 2023 et n'a déposé une demande d'asile que le 28 février 2025, elle établit être née le

6 mai 2007 et non pas le 6 mai 2005 comme l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'a considéré à tort, en dépit de l'absence de tout élément probant susceptible de remettre en cause la date de naissance dont se prévaut Mme A et que le juge des tutelles s'est d'ailleurs approprié. Alors qu'il est constant que Mme A est arrivée seule en France, elle présente ainsi la qualité de mineure isolée. Nonobstant la faculté dont dispose un mineur isolé de déposer une demande d'asile dès son entrée en France, sa situation particulière, caractérisée par sa vulnérabilité et qui justifie précisément les mesures de protection prises par le service de l'aide sociale à l'enfance, constitue un motif légitime de nature à rendre inopposable le délai imparti à tout étranger pour présenter en France une demande d'asile. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en prenant la décision en litige, a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 17 mars 2025 refusant à Mme A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, les conditions matérielles d'accueil soient accordées à Mme A à compter de l'acquisition de sa majorité, soit le 6 mai 2025. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de les lui accorder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

6. Sur sa demande, Mme A a obtenu que lui soit désignée d'office un avocat, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article R. 922-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros à verser à Me Assailly, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 17 mars 2025 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'accorder à Mme A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 6 mai 2025, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Assailly une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Assailly renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Camille Assailly.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

C. FRIEDRICHLa greffière,

Signé

S. VICENTE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA51Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600864

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a été saisi de trois requêtes en excès de pouvoir visant des arrêtés préfectoraux ordonnant le transfert vers la Suède et l'assignation à résidence de demandeurs d'asile. La juridiction a rejeté les demandes d'annulation, considérant que les moyens soulevés, notamment sur la motivation, le respect des droits de la défense et l'application du règlement Dublin III (UE n°604/2013), n'étaient pas fondés. Les décisions attaquées ont ainsi été jugées régulières au regard du droit des étrangers et du droit d'asile.

03/04/2026

TA51Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600876

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a annulé la décision du directeur territorial de l'OFII refusant les conditions matérielles d’accueil à l’enfant mineure. Le juge a retenu que l’autorité avait méconnu les exigences procédurales, notamment l’obligation de motivation et la prise en compte de la vulnérabilité de la famille, prescrites par les articles L. 551-15 et L. 522-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La requérante a également été admise à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle en raison de l’urgence de sa situation.

02/04/2026

TA51Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600899

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté préfectoral prolongeant son assignation à résidence. Le tribunal a jugé que le défaut d'interprète lors de la notification, invoqué au titre de l'article L. 141-3 du CESEDA, était inopérant car il n'affecte pas la légalité de la décision. Il a également estimé que la condition de perspectives raisonnables d'éloignement, prévue à l'article L. 731-1 du CESEDA, était satisfaite au vu des démarches engagées par l'administration.

02/04/2026

TA51Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2600833

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus des conditions matérielles d’accueil (CMA) notifié par l’OFII. Le juge a estimé que la décision, fondée sur l’article L. 551-15 du CESEDA pour un dépôt de demande d’asile hors du délai de 90 jours, était correctement motivée et avait pris en compte la situation du requérant. Les moyens soulevés, notamment sur l’examen de la vulnérabilité et la formation de l’agent, n’ont pas été retenus.

01/04/2026

← Retour aux décisions