jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2000067 |
| Type | Décision |
| Recours | Interprétation |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CABINET BENTZ-VIRY-PICARD-LIPP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2020, Mme D B A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) Emile Durkheim d'Epinal à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral résultant de la faute commise lors de sa prise en charge au sein de cet établissement ;
2°) de mettre à la charge du CH d'Epinal une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le CH d'Epinal a commis une faute médicale lors de sa prise en charge au service des urgences qui engage sa responsabilité ;
- elle est fondée à demander la réparation du préjudice moral qu'elle a subi du fait de la faute commise par le CH d'Epinal.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juin 2020, le CH Emile Durkheim, représenté par Me Dubois, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 11 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marini, rapporteure,
- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dubois, représentant le centre hospitalier d'Epinal.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 février 2018, Mme B A a consulté le service des urgences du CH d'Epinal en raison de douleurs abdominales. Mme B A s'est présentée une nouvelle fois au service des urgences pour des douleurs abdominales le 20 mars 2018 à 00 heures 30 puis à 17 heures 34. Mme B A demande son transfert vers la clinique La Ligne Bleue où elle sera transférée dans la nuit et au sein de laquelle elle bénéficiera d'une intervention chirurgicale sous cœlioscopie pour le traitement d'une lithiase enclavée dans le cystique. Le 13 septembre 2019, Mme B A a présenté une demande d'indemnisation préalable au CH d'Epinal. L'absence de réponse du CH a fait naître une décision implicite de rejet. Mme B A demande au tribunal la condamnation du CH d'Epinal à l'indemniser du préjudice moral qu'elle estime résulter de la faute commise lors de sa prise en charge.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier d'Epinal :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
3. Mme B A s'est présentée une première fois au CH d'Epinal le 14 février 2018 pour des douleurs abdominales apparues brutalement. Elle est sortie avec des antalgiques et une préconisation d'actes complémentaires diagnostiques ou thérapeutiques. Mme B A s'est présentée une nouvelle fois aux urgences du CH d'Epinal le 20 mars 2018 à 00h30 pour le même type de douleurs. L'examen de la requérante démontre une sensibilité de l'hypocondre droit et l'hypothèse est émise d'une migration lithiasique vésiculaire. Mme B A ayant émis le souhait de rentrer chez elle, il lui est prescrit des antalgiques, un régime sans résidu et une échographie hépatovésiculaire en externe. Mme B A réalise une échographie dans la journée, qui révèle une cholécystite lithiasique. La requérante se rend aux urgences du CH d'Epinal le même jour à 13 heures, alors qu'elle est non algique, avec les résultats de son échographie et est orientée vers son médecin traitant qui lui obtient un rendez-vous avec un chirurgien pour le lendemain. Mme B A revient toutefois aux urgences à 17 heures 34 avec le Samu en raison de ses douleurs. Une péritonite est suspectée et un scanner réalisé en urgence qui conclut à l'absence de cholécystite aiguë. Les douleurs de Mme B A persistant malgré l'administration de morphine, le chirurgien digestif de garde est appelé. Il propose la majoration du traitement antalgique et de réévaluer l'état de Mme B A le lendemain matin. Toutefois, Mme B A demande son transfert immédiat à la clinique La Ligne Bleue où elle sera opérée le lendemain matin sous cœlioscopie pour le traitement d'une lithiase enclavée dans le cystique. Il résulte de l'instruction que l'état de Mme B A ne présentait aucune urgence lorsqu'elle s'est présentée au service des urgences du CH d'Epinal le 20 mars à 13 heures et celui-ci était donc fondé à l'orienter vers son médecin traitant. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction que la prise en charge de Mme B A à compter de 17 heures 34 était conforme en l'absence de cholécystite aiguë. Si elle a bénéficié d'une intervention chirurgicale après son transfert à la clinique La Ligne Bleue, cette intervention a eu lieu le lendemain matin alors même qu'une réévaluation de son état était également programmée au CH d'Epinal. Dès lors, aucune faute dans la prise en charge de Mme B A n'est imputable au CH d'Epinal. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la condamnation du CH d'Epinal à l'indemniser de son préjudice moral.
Sur les frais de l'instance :
4. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge du CH d'Epinal, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Mme B A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B A, au centre hospitalier Emile Durkheim d'Epinal.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
C. Marini
Le président,
D. Marti
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2000067
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01/06/2026
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Sujet principal : Recours d'une clinique contestant le montant de sa dotation à la file active (DFA) pour 2023, fixé par l'Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est. Juridiction : Tribunal Administratif de Nancy (saisi par transfert de compétence du tribunal de la tarification sanitaire et sociale). Solution retenue : Le tribunal rejette la requête de la clinique. Il estime que l'ARS n'a pas commis d'erreur de droit dans l'application du mécanisme de sécurisation prévu par le décret n° 2021-1255 du 29 septembre 2021. Textes appliqués : Le tribunal se fonde principalement sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles (notamment pour la recevabilité) et sur le décret n° 2021-1255 du 29 septembre 2021 relatif au mécanisme de sécurisation de la DFA, dont il valide l'interprétation et l'application par l'administration.
02/04/2026
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Sujet principal : Recours d'une clinique contestant le montant de sa dotation à la file active (DFA) pour 2023, fixé par l'Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est. Juridiction : Tribunal Administratif de Nancy (saisi par transfert de compétence). Solution retenue : Le tribunal rejette la requête de la clinique. Il estime que l'ARS n'a pas commis d'erreur de droit dans l'application du mécanisme de sécurisation prévu par le décret n° 2021-1255 du 29 septembre 2021. Textes appliqués : Le tribunal se fonde principalement sur les dispositions du décret n° 2021-1255 du 29 septembre 2021 relatif au mécanisme de sécurisation de la DFA, en vérifiant la régularité du calcul opéré par l'administration.
02/04/2026