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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2503025

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2503025

vendredi 3 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2503025
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCORSIGLIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nancy, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par un ressortissant ivoirien pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, afin d’obtenir sa convocation et la délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour. En cours d’instance, le préfet de Meurthe-et-Moselle a convoqué l’intéressé et lui a remis un récépissé valable six mois. Le juge a constaté que les conclusions à fin d’injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur ce point, tout en admettant provisoirement le requérant à l’aide juridictionnelle. Les conclusions relatives aux frais d’instance ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Corsiglia, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de le convoquer sans délai, aux fins de délivrance d’un premier récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Goujon-Fischer, vice-président, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

Sur l’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président » et aux termes de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 : « L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (…). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ».

Eu égard aux circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. »

Il résulte de l’instruction que M. A..., ressortissant ivoirien, né le 5 mai 2007, entré en France et pris en charge par le service de l’aide sociale à l’enfance du département de Meurthe-et-Moselle en 2023, a déposé, le 5 juin 2025, une demande de titre de séjour auprès de la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, précité, d’enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de le convoquer sans délai et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

En cours d’instance, M. A... a été convoqué par les services de la préfecture de Meurthe-et-Moselle le 29 septembre 2025 et s’est vu remettre à l’occasion de ce rendez-vous un récépissé de demande de titre de séjour, valable du 29 septembre 2025 au 28 mars 2026. Par suite, les conclusions à fin d’injonction ont perdu leur objet, de sorte qu’il n’y a plus lieu d’y statuer.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A... au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.


O R D O N N E :

Article 1er : M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A... tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de le convoquer et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et à Me Corsiglia.


Copie pour information sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.


Fait à Nancy, le 3 octobre 2025.


Le juge des référés,




J.-F. Goujon-Fischer



La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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