mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004264 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | juge unique (2) |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS BODEREAU ET EHOKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 juin 2020 et le 24 février 2021, M. C B, représenté par Me Riglaire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48 SI du 20 janvier 2012 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de restituer celui-ci dans un délai de 10 jours ;
2°) d'annuler le courrier du 26 mai 2020 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a indiqué que son permis de conduire était invalide ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer son permis ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-sa requête est recevable ; la décision référencée 48 SI ne lui a pas été notifiée ;
- les décisions de retrait de points en litige ne lui ont pas été notifiées ;
- le retrait de son permis n'est pas effectif ; l'administration lui a notifié une suspension de validité de son permis, ce qui indique que celui-ci n'était pas invalide ;
- le préfet du Pas-de-Calais a pris une décision distincte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2021, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête
Il soutient que son courrier du 26 mai 2020 n'a aucun caractère décisoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- le moyen tiré de ce que les décisions de retrait de points n'ont pas été notifiées est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de M. A au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48 SI du 20 janvier 2012, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Ultérieurement, le préfet du Pas-de-Calais a, par courrier du 26 mai 2020, indiqué à M. B que son permis de conduire n'était plus valide, du fait de cette décisions 48 SI, et lui a indiqué le délai au terme duquel il pourrait présenter de nouveau les épreuves du permis de conduire. Dans la présente instance, l'intéressé demande l'annulation de ces deux actes.
Sur les conclusions dirigées contre la décision 48 SI du 20 janvier 2012 :
2. Aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
3. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " () Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier, et qui porte, sur l'enveloppe ou sur l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
5. La notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé.
6. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment de l'avis de réception produit par le ministre, que le pli de notification de la décision référencée 48 SI portant invalidation du permis de conduire de M. B, envoyé à une adresse dont le requérant ne conteste pas qu'elle était la sienne, a été avisé le 20 janvier 2012 et retourné à l'administration revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, l'intéressé est réputé avoir reçu notification le 20 janvier 2012 de la décision référencée 48 SI. En conséquence, les décisions antérieures ont acquis un caractère opposable par la notification de la décision référencée 48 SI, dès lors que cette dernière récapitule les décisions successives de retrait de points qui ont donné lieu à l'annulation de son permis de conduire.
7. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'une décision référencée 48 SI se présente sous la forme d'un formulaire-type sous format recto-verso, qui mentionne, au bas du recto, " voies de recours au verso " et, au verso, les voies et délais de recours.
8. Il résulte des constatations opérées aux points précédents que le délai de recours contentieux de deux mois à l'encontre de la décision 48 SI et de l'ensemble des décisions 48 en litige a commencé de courir le 21 janvier 2012 et a expiré le 21 mars 2012. Dès lors, la requête, enregistrée le 24 juin 2020, est tardive.
Sur les conclusions dirigées contre le courrier du 26 mai 2020 :
9. Par ce courrier, le préfet du Pas-de-Calais s'est borné à informer M. B de l'existence et des conséquences de la décision 48 SI du 20 janvier 2020, devenue définitive. Dès lors, le requérant n'est pas recevable à attaquer cet acte, qui ne lui fait pas grief.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur. Copie pour information en sera adressée au préfet du Pas-de-Calais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
P. A
La greffière
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2403044
Le Tribunal Administratif de Lille a annulé la décision du préfet du Pas-de-Calais refusant l'enregistrement d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Le juge a considéré que la notification de la décision d'invalidation du permis (48 SI), envoyée à une ancienne adresse, n'était pas régulière et ne pouvait donc fonder le refus. La solution s'appuie sur les articles L. 223-6 et R. 223-8 du code de la route, rappelant l'absence d'obligation légale pour le titulaire du permis de déclarer un changement de domicile à l'administration.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2403420
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté de suspension de son permis de conduire. La juridiction a jugé que la suspension d'un an était légale, car elle était fondée sur le refus de l'intéressé de se soumettre aux vérifications de stupéfiants, conformément aux articles L. 224-1 et L. 224-2 du code de la route. Les moyens soulevés, notamment le vice de procédure et l'absence de poursuites pénales, ont été écartés.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2403520
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler la suspension de son permis de conduire. La juridiction a jugé que la suspension de cinq mois, prononcée pour un excès de vitesse de 41 km/h au-dessus de la limite autorisée, ne constituait pas une erreur manifeste d’appréciation. La décision s’appuie sur les articles L. 224-1 et L. 224-2 du code de la route, qui autorisent une telle mesure en cas de dépassement supérieur ou égal à 40 km/h.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2406076
Le Tribunal Administratif de Lille rejette la requête de Mme B... A... visant à annuler la décision de perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul et les décisions de retrait de points afférentes. Concernant cinq des infractions, les conclusions sont jugées irrecevables car les points avaient déjà été restitués avant l'introduction du recours. Pour les autres infractions, le tribunal estime que la requérante n'apporte pas d'éléments suffisants pour établir la méconnaissance des articles R. 223-1, L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route relatifs à la contestation de l'infraction et à l'information préalable.
24/03/2026