jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2301339 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BERTON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2023, M. A B, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Nord de lui assurer une solution d'hébergement, incluant le logement et la prise en charge de ses besoins quotidiens en termes alimentaire, vestimentaire et hygiénique, dans un délai de 72 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ; au-delà d'un délai de dix jours à compter de l'ordonnance à intervenir, l'astreinte devra être portée à 1000 euros par jour de retard puis, au-delà d'un délai de 17 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, l'astreinte devra être portée à 2 000 euros par jour de retard, jusqu'à ce qu'il ait été effectivement pris en charge par le département ;
3°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est mineur non accompagné, qu'il se trouve à la rue et que le département, informé de sa situation, ne l'a pas pris en charge ;
- la situation d'extrême vulnérabilité dans laquelle il se trouve est incompatible avec le droit au respect de la vie privée et du principe de dignité de la personne humaine ;
- le département porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'accès à l'hébergement d'urgence, à son droit à ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants, à son droit à la protection de la santé et à son corollaire le droit à l'alimentation.
Le président du tribunal a désigné M. Fabre, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 février 2023 à 9h30 :
- le rapport de M. Fabre, juge des référés ;
- les observations de Me Fourdan substituant Me Dewaele, représentant M. B et celles de Me Berton substituant Me Almeras, représentant le département du Nord.
Les représentants des parties font état de ce que l'intéressé a intégré, le 14 février 2023, un foyer situé à Wambrechies.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. En l'espèce, eu égard à la situation du requérant à la date d'introduction de la requête, la situation d'urgence est constituée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire présentée par M. B.
Sur les conclusions principales :
3. M. A B, né le 10 mai 2005 au Pakistan, est entré en France en février 2022 selon ses déclarations. Par un jugement du 20 décembre 2022, notifié le 4 janvier 2023, le juge des enfants du tribunal judiciaire de Lille a décidé de son placement auprès du service de l'aide sociale à l'enfance du département du Nord. Par plusieurs courriels, restés sans réponse, le conseil de l'intéressé a sollicité sa prise en charge effective par le département du Nord.
4. Il résulte des échanges lors de l'audience et de la pièce produite par le département du Nord que, postérieurement à l'introduction de la requête, M. B a été pris par en charge par les services du département et a intégré un foyer situé à Wambrechies. Il n'y a, ainsi, plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête de M. B.
Sur les frais d'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord la somme de 1 000 euros à verser au conseil du requérant au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve d'une part, que M. B obtienne le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif et, d'autre part, que son conseil renonce au bénéfice de l'indemnité versée à ce titre.
ORDONNE :
Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est accordé à M. B.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B.
Article 3 : Le département du Nord versera à Me Dewaele, sous réserve que M. B obtienne l'aide juridictionnelle totale à titre définitif et que ledit conseil renonce au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A1i B, au département du Nord et à Me Dewaele.
Fait à Lille le 16 février 2023.
Le juge des référés,
Signé
X. FABRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026