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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2302063

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2302063

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2302063
TypeDécision
PublicationC
Formationjuge unique (3)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de la caisse d'allocations familiales du Nord de lui accorder une remise gracieuse d’un trop-perçu de prime d’activité de 1 372,32 euros. Statuant en plein contentieux sur le fondement de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, le juge a estimé que, malgré la bonne foi non contestée de la requérante, sa situation de précarité n’était pas établie faute d’éléments sur ses ressources et charges actuelles, son quotient familial s’élevant à 645 euros en octobre 2024. La demande a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 1 372,32 euros relative à un trop-perçu de prime d'activité.

Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 1 372,32 euros relative à un trop-perçu de prime d'activité.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il ne résulte pas de l'instruction que la bonne foi de Mme B est remise en cause. Dans ces circonstances, c'est au seul regard de la situation de précarité financière de la requérante que doit être examinée sa demande de remise gracieuse de l'indu de prime d'activité. Toutefois, en dépit de l'invitation qui lui a été adressée par le tribunal préalablement à la tenue de l'audience, Mme B n'apporte aucun élément sur ses ressources et charges actuelles, alors qu'il résulte de l'instruction, que son quotient familial s'élevait à 645 euros pour le mois d'octobre 2024. Dans ces conditions, Mme B ne peut être regardée comme étant, à la date du présent jugement dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourra s'acquitter du remboursement de sa dette.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. CLa greffière,

Signé

B. BUISSART

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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