mercredi 26 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2303768 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 avril et 22 septembre 2023, Mme A Vastesaeger doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 23 mars 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté le recours préalable qu'elle a formé à l'encontre du refus de délivrance d'une carte mobilité inclusion mention " stationnement " qui lui a été opposé le 22 novembre 2022.
Elle soutient qu'elle est atteinte de plusieurs pathologies compromettant son autonomie de déplacement à pied.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2024, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Baillard, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Baillard a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Vastesaeger a sollicité la délivrance d'une carte de mobilité inclusion portant la mention " stationnement ". Sa demande a été rejetée par une décision du 6 mars 2023 du président du conseil départemental du Nord. Mme Vastesaeger a formé, le 14 février 2023, le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles contre cette décision, lequel a été rejeté par une décision du 29 mars 2023 au motif qu'elle ne répondait pas aux critères d'attribution de cette carte. Mme Vastesaeger doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. D'une part, aux termes du I. de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. /()/ 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. ". Aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention "stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. ".
3. D'autre part, l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie () ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autres parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Il résulte des dispositions précitées que l'obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " est subordonnée à la démonstration d'une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou a systématiquement recours à l'aune des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " d'établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
6. Pour rejeter, par une décision du 23 mars 2023, la demande de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", présentée par Mme Vastesaeger, le président du conseil départemental du Nord s'est fondé sur le fait que l'intéressée ne remplissait pas les conditions requises par les textes. Or, il résulte de l'instruction et notamment d'un certificat médical du 14 octobre 2022 destiné à être joint à la demande formée auprès de la maison départementale des personnes handicapées, que Mme Vastesaeger est atteinte notamment de lombocruralgies et d'une dysphonie compromettant son autonomie de déplacement à pied. A ce titre, il résulte de l'instruction, et notamment du certificat médical précité ainsi que d'un certificat médical en date du 23 mars 2023, que le périmètre de marche de Mme Vastesaeger est inférieur à 200 mètres et qu'elle a systématiquement recours pour ses déplacements extérieurs à une aide humaine. Par ailleurs, par un jugement du 7 juillet 2023, le tribunal judiciaire de Valenciennes a estimé, sur la base notamment d'une expertise médicale qui a conclu à un périmètre de marche inférieur à 150 mètres avec pause sans aide technique mais avec aide humaine, que Mme Vastesaeger remplissait les conditions pour se voir délivrer une carte mobilité inclusion mention " priorité " et lui a accordé cette carte pour une durée de dix ans. Dès lors, il y a lieu de reconnaître le droit à Mme Vastesaeger à la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées " pour une durée qui doit être fixée, dans les circonstances de l'espèce, à dix ans et, en conséquence, d'annuler la décision du président du conseil départemental du Nord du 23 mars 2023. Le présent jugement implique la délivrance de cette carte par le président du conseil départemental du Nord dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du président du conseil départemental du Nord du 23 mars 2023 est annulée.
Article 2 : Mme Vastesaeger a droit à la carte " mobilité inclusion " mention " stationnement pour personnes handicapées " pour une durée de dix ans. Cette carte lui sera délivrée par le président du conseil départemental du Nord dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Vastesaeger et au département du Nord.
Copie en sera délivrée pour information à la maison départementale pour les personnes handicapées du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
B. BaillardLa greffière,
Signé
S. Dereumaux
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2307307
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. A... qui demandait l'annulation du refus de remise d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) et la remise de sa dette. Le tribunal a jugé que l'indu de 8 910,11 € pour la période du 1er mai 2021 au 31 octobre 2022 était légalement établi et que la décision de refus avait été régulièrement signée par une autorité compétente. La décision s'appuie principalement sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives aux conditions d'attribution et de récupération du RSA.
18/03/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2305329
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de remise totale d'un indu de prime d'activité et de RSA. Le juge a considéré que l'indu, résultant de l'omission de déclarer une vie maritale, ne permettait pas de reconnaître la bonne foi de la requérante, condition essentielle prévue par les articles L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et L. 845-3 du code de la sécurité sociale pour accorder une remise gracieuse. La situation de précarité alléguée ne pouvait donc justifier à elle seule l'effacement de la dette.
18/03/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2306750
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. A... qui contestait le refus de prendre en compte ses deux enfants pour le calcul de son allocation de revenu de solidarité active (RSA). Le tribunal a jugé que le requérant n'apportait pas la preuve d'une résidence alternée effective et équivalente de ses enfants à son domicile, comme l'exigent les articles L. 262-2, L. 262-9 et R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. La décision administrative de rejet est donc confirmée.
18/03/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2307858
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de M. B... visant à obtenir la remise gracieuse totale d'un indu de prime d'activité (953,28 €). Le juge a estimé que le requérant, bien que de bonne foi après avoir signalé rapidement son erreur de déclaration, ne se trouvait pas dans une situation de précarité financière au sens des textes applicables. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui conditionne une telle remise à la réunion des conditions de bonne foi et de précarité.
18/03/2026