mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406676 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | ZAIRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2024, M. A C, représenté par Me Zaïri, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet du Nord du 1er août 2023 en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, ainsi que celle de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a rejeté le recours gracieux qu'il a introduit le 15 septembre 2023 contre cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. C, ressortissant marocain né le 25 avril 1981, est entré en France, selon ses déclarations, le 24 août 2021 alors qu'il était titulaire d'un titre de séjour italien en cours de validité. Il a déposé le 16 septembre 2021 auprès du préfet du Nord une demande de titre de séjour en qualité de membre de la famille d'un ressortissant d'un Etat de l'Union européenne. Le préfet du Nord, par un arrêté du 1er août 2023, a, notamment, rejeté cette demande de titre de séjour. M. C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet du Nord en date du 1er août 2023, en ce qu'il porte refus de titre de séjour, ainsi que de la décision implicite par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux présenté le 15 septembre 2023 contre cette décision.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France, et dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Il appartient au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir la mesure sollicitée.
4. Si le requérant, qui au demeurant ne soutient pas ni même n'allègue avoir demandé la régularisation de son droit au séjour en excipant des études supérieures qu'il a suivi en France sous couvert des récépissés de demande de titre de séjour dont il a été rendu destinataire, fait état de la nécessité pour lui d'obtenir un titre de séjour pour achever ses études, il est constant que la décision dont il demande la suspension de l'exécution lui a été notifiée plus de dix mois après l'introduction du présent recours, la décision implicite du rejet de son recours gracieux contre l'arrêté du préfet du Nord du 1er août 2023 étant pour sa part intervenue, en tout état de cause, à compter du 15 novembre 2023, soit plus de sept mois après l'introduction de ce même recours. Dans ces conditions, la situation d'urgence dont se prévaut M. C ne résulte que de son manque de diligence à saisir le juge des référés de la présente demande. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait ainsi être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ni de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, que sa requête ne peut qu'être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Me Zaïri.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 10 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
Y. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,