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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407317

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407317

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407317
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par les sociétés Night Shop et Queen Candy pour contester deux arrêtés préfectoraux de fermeture administrative de leurs établissements, ainsi que pour demander une indemnisation. Le tribunal constate que les sociétés sont réputées s'être désistées de leurs conclusions en annulation, faute d'avoir confirmé le maintien de leur requête dans le délai d'un mois suivant le rejet de leur demande de suspension par le juge des référés, conformément à l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative. Par ailleurs, leurs conclusions indemnitaires sont rejetées comme manifestement irrecevables, aucune demande préalable n'ayant été présentée à l'administration. Le tribunal donne acte du désistement et rejette le surplus de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, les sociétés Night Shop et Queen Candy représentées par Me François, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 6 mai 2024 par lequel le préfet du Nord a prononcé la fermeture de l'établissement à l'enseigne " Night Shop " sis 27 place des Reignaux à Lille pour une durée de deux mois ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 1er juillet 2024 par lequel le préfet du Nord a prononcé la fermeture de l'établissement à l'enseigne " Night Shop " sis 25 place des Reignaux à Lille pour une durée de deux mois ;

3°) de condamner l'Etat à verser à la société Queen Candy la somme de 15 000 euros en indemnisation du préjudice financier subi ;

4°) de condamner l'Etat à verser à la société Night Shop la somme de 15 000 euros en indemnisation du préjudice financier subi ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

3°) de mettre à la charge du département du Nord une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2407308 du 18 juillet 2024 du juge des référés du tribunal ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 1' Donner acte des désistements ; /()/ 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; /()/ ". En outre, l'article R. 612-5-2 du même code dispose que : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté (). ".

2. En premier lieu, par une ordonnance n° 2407308 du 18 juillet 2024, le juge des référés du tribunal a rejeté la requête des sociétés Night Shop et Queen Candy tendant à la suspension des arrêtés par lesquels le préfet du Nord a prononcé leur fermeture, au motif notamment qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des deux arrêtés en litige. A défaut d'avoir confirmé le maintien de ses conclusions à fin d'annulation des arrêtés en litige dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance de rejet, et en l'absence de pourvoi en cassation, les sociétés Night Shop et Queen Candy sont réputés s'en être désistées, ainsi que le prévoit l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. En second lieu, si les sociétés Night Shop et Queen Candy demandent au tribunal que l'Etat soit condamné à leur verser la somme de 15 000 euros chacune à titre d'indemnisation du préjudice financier subi, aucune demande préalable n'a été formée en ce sens auprès de l'administration. Par suite, ces conclusions indemnitaires sont manifestement irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête des sociétés Night Shop et Queen Candy tendant à l'annulation des arrêtés du préfet du Nord des 6 mai et 1er juillet 2024.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Night Shop, à la société Queen Candy et au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 14 octobre 2024.

Le président de la 3ème chambre

Signé

B. BAILLARD

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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