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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409546

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409546

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409546
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, a été saisi par M. A d’une demande de liquidation provisoire de l’astreinte prononcée le 20 juin 2024 pour inexécution d’une précédente ordonnance du 26 avril 2023. Cette ordonnance enjoignait au préfet du Nord de réexaminer la situation de M. A et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ce qui n’a été effectué que le 25 juillet 2024. Le juge a constaté l’exécution tardive de l’injonction et a procédé à la liquidation de l’astreinte pour la période du 4 au 25 juillet 2024, sur le fondement des articles L. 911-6 et L. 911-7 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024 et des pièces enregistrées le 24 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Cabaret, demande au juge des référés :

1°) statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 20 juin 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, pour la période allant du 4 juillet 2024 jusqu'à l'intervention de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'ordonnance du 26 avril 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, prescrivant au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ladite ordonnance et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, n'a été exécutée que tardivement le 25 juillet 2024, et ce en dépit de l'ordonnance du 20 juin 2024 assortissant cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de dix jours suivant la notification de ladite ordonnance.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui produit des pièces enregistrées le 23 septembre 2024.

Vu :

- l'ordonnance n° 2303201 du 26 avril 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;

- l'ordonnance n° 2405746 du 20 juin 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 24 septembre 2024 à 10h30, en présence de M. Potet, greffier, M. Perrin, juge des référés, a lu son rapport et entendu :

- Me Cabaret, représentant M. A qui modifie ses conclusions pour demander la liquidation de l'astreinte uniquement pour la période du 4 au 25 juillet 2024 ;

- et Me Kerrich, représentant le préfet du Nord.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par son ordonnance n° 2303201 du 26 avril 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, suspendu l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur la demande de M. A, ressortissant afghan, tendant au renouvellement de sa carte de résident. Il a en conséquence enjoint au préfet du Nord de réexaminer la situation de M. A, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Par son ordonnance n° 2405746 du 20 juin 2024, le juge des référés du même tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a constaté que la précédente décision du tribunal n'avait pas été entièrement exécutée et a, en conséquence, assorti l'injonction prescrite par cette première ordonnance d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de dix jours. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2405746 du 20 juin 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, pour la période allant du 4 juillet 2024 jusqu'au 25 juillet 2024.

2. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts ". Aux termes de son article L. 911-7 : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".

3. L'astreinte a pour finalité de contraindre la personne qui s'y refuse à exécuter les obligations qui lui ont été assignées par une décision de justice. Sa liquidation a pour objet de tirer les conséquences du refus ou du retard mis à exécuter ces obligations. Il appartient au juge qui a assorti d'une astreinte l'injonction faite à l'une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut alors procéder à cette liquidation s'il constate que les mesures qu'il avait prescrites n'ont pas été exécutées ou l'ont été tardivement. Il peut la modérer ou la supprimer compte tenu notamment des diligences accomplies par les parties en vue de procéder à l'exécution de la chose ordonnée, sans toutefois pouvoir remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution est demandée.

4. L'ordonnance du 20 juin 2024 assortissant d'une astreinte l'injonction prononcée le 26 avril 2023 a été notifiée le même jour aux parties. M. A a été informé le 23 juillet 2024 que son titre de séjour lui serait remis le 25 juillet suivant en préfecture, ce qui a été effectivement fait. En dépit du fait que la remise d'un titre de séjour au requérant a été effectuée 21 jours après l'expiration du délai imparti par la deuxième ordonnance pour le décompte d'une astreinte, la première ordonnance du tribunal doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant été exécutée. Par suite, les conclusions de M. A tendant à la liquidation de l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat doivent être rejetées.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 3 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

D. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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