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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2410682

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2410682

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2410682
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B qui demandait la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante n'ayant pas démontré concrètement que l'absence d'autorisation provisoire de séjour l'empêcherait de suivre sa formation d'aide-soignante ou la placerait dans une situation financière précaire. La seule existence d'une procédure de recours suspensif contre une éventuelle mesure d'éloignement ne suffit pas à caractériser une urgence particulière nécessitant une intervention dans les 48 heures. La requête a donc été rejetée par ordonnance motivée sans audience, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Van Cauwenberghe, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou tout autre document l'autorisant à travailler et à étudier, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 de ce code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais particulièrement brefs.

3. En l'espèce, Mme B a déposé auprès des services de la préfecture du Nord une demande de renouvellement de son titre de séjour le 27 décembre 2023, comme en atteste la confirmation de dépôt de sa demande. Par la présente requête, elle demande qu'un récépissé de demande de titre de séjour lui soit délivré. Pour justifier de l'urgence, elle se borne à produire un certificat de scolarité à une formation d'aide-soignant sans démontrer concrètement qu'elle ne pourrait plus suivre cette formation en l'absence d'autorisation provisoire de séjour. De même, si elle indique qu'elle ne peut plus travailler alors qu'elle a la charge de deux enfants, elle n'apporte aucun élément sur ses charges, ni sur ses ressources de nature à démontrer la précarité de sa situation financière. Par ailleurs, eu égard à l'existence d'une procédure de recours à caractère suspensif contre une éventuelle décision d'éloignement, la seule circonstance que la requérante peut se trouver dans l'un des cas où le préfet peut décider son éloignement n'est pas, par elle-même, de nature à caractériser une situation d'urgence. Enfin, elle ne produit non plus aucun élément démontant qu'elle exerçait une activité professionnelle, ni qu'elle serait effectivement privée de la possibilité d'en exercer une, ni que cet exercice serait indispensable compte tenu de sa situation financière. Dans ces conditions, les circonstances dont Mme B fait état, si elles sont susceptibles de justifier le cas échéant la saisine du juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, sous réserve toutefois qu'aucune décision, explicite ou implicite, ne soit intervenue sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, ne suffisent pas, en revanche, à caractériser une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un très bref délai de quarante-huit heures..

4. Par suite, la requête de Mme B, doit être rejetée en faisant application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : la requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 21 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°241068

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