mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2411406 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Marseille, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, dans un délai de 5 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Marseille, avocate de M. A, de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'octroi de l'aide juridictionnelle, de lui verser directement la même somme au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est utile ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la mesure sollicitée est nécessaire au maintien de sa bourse d'étude, qui est sa seule source de revenus, pour passer son examen de permis de conduire et pour résider et travailler sur le territoire français ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. M. A, ressortissant guinéen né le 22 janvier 2002, déclare être entrée en France en 2018 à l'âge de 16 ans et a bénéficié à ce titre d'une prise en charge par l'aide sociale à l'enfance. Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", renouvelée jusqu'au 30 septembre 2023, puis d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant ", valable du 1er octobre 2023 au 31 octobre 2024. Le 7 août 2024, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour via le site de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF). Par courriel, il a sollicité, par le biais de son avocat, la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction. M. A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour.
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
5. Il résulte de ces dispositions que, saisi d'une demande présentée sur ce fondement, qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
6. Il n'est pas contesté que M. A a déposé le 7 août 2024 une demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant ". A la date de la présente ordonnance, le préfet du Nord, qui ne conteste pas que le dossier joint à la demande de M. A était complet, n'a pas statué sur cette demande. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que, par courriel du 10 septembre 2024, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Lille a informé M. A, qui est démuni de tout document autorisant son maintien sur le territoire français depuis l'échéance de son dernier titre de séjour, qu'en l'absence de régularisation de sa situation au regard du séjour, il sera mis fin au versement de sa bourse d'étude. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu des conséquences concrètes de l'absence de document permettant au requérant de justifier de son séjour, la délivrance d'un tel document présente un caractère d'urgence et d'utilité et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet du Nord de délivrer une attestation de prolongation d'instruction à M. A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin à ce stade d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
8. M. A a été provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Marseille, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Marseille de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à ce dernier.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer une attestation de prolongation d'instruction à M. A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 800 euros à Me Marseille, avocate de M. A sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 10 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. PERRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301720
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Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2517965
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