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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2411591

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2411591

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2411591
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné au préfet du Nord de délivrer à M. A, ressortissant congolais, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler. La condition d'urgence a été reconnue comme présumée s'agissant d'un renouvellement de titre, et aggravée par la radiation du demandeur de la liste des demandeurs d'emploi. La mesure a été jugée utile et ne faisant obstacle à aucune décision administrative, le dossier étant toujours en cours d'instruction. L'injonction a été prononcée sans astreinte, dans un délai de 15 jours, sur le fondement des articles L. 521-3 du code de justice administrative et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Gommeaux, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner au préfet du Nord, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la même somme à son profit sur le fondement des seules dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est réputée satisfaite s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour ; en tout état de cause, cette condition est remplie, dès lors que l'absence de délivrance d'un récépissé a conduit à l'interruption de son contrat de travail ;

- les mesures sollicitées sont utiles, dès lors qu'elles lui permettront de maintenir son activité professionnelle et de se réinscrire auprès de France Travail ;

- les mesures sollicitées ne font obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La procédure a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant de la République démocratique du Congo, né le 15 novembre 1973, a été muni, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", renouvelée jusqu'au 25 octobre 2024. Il indique avoir demandé le renouvellement de son titre de séjour le 22 juillet 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

5. Le requérant ayant demandé le renouvellement de son titre de séjour, l'urgence est donc présumée. Au surplus, il a été radié de la liste des demandeurs d'emploi à compter du 25 octobre 2024, en raison de l'absence de justification de la régularité de son séjour. La condition d'urgence est donc réputée satisfaite. Compte tenu que le requérant ne peut justifier de son séjour et est privée de l'exercice de ses droits, la mesure demandée présente donc également une utilité.

6. Par ailleurs, il ressort de l'écran produit par le requérant et extrait de l'application " administration numérique des étrangers en France " que sa demande de titre de séjour est toujours en cours d'instruction et il n'est pas établi que son dossier de demande n'était pas complet. Ses conclusions tendant à la délivrance d'un récépissé ne s'opposent donc à l'exécution d'aucune décision administrative.

7. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Nord de délivrer à M. A un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Gommeaux, avocate de M. A, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer à M. A un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : L'Etat versera à Me Gommeaux, avocate de M. A, la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 19 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

D. Perrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2411591

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