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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2500199

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2500199

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2500199
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL D4 AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A visant à suspendre la décision du 8 novembre 2024 du président du conseil départemental du Pas-de-Calais lui retirant son agrément d'assistante maternelle. La requérante invoquait l'urgence en raison d'une perte de revenus, mais le juge a estimé qu'elle ne justifiait pas suffisamment ses charges et ressources, ni celles de son époux et de ses enfants majeurs vivant à son domicile. La condition d'urgence n'étant pas remplie, la suspension n'a pas été ordonnée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la légalité de la décision. En conséquence, Mme A a été condamnée à verser 800 euros au département au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 janvier 2025, le 6 février 2025 et le 10 février 2025, Mme B A, représentée par Me Robiquet, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 8 novembre 2024 par laquelle le président du conseil départemental lui a retiré son agrément en qualité d'assistante maternelle ;

2°) d'enjoindre président du conseil départemental de lui restituer son agrément ;

3°) de mettre à la charge du département du Pas-de-Calais une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 février 2025 et le 11 février 2025, le département du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 8 janvier 2025 sous le numéro 2500160 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Debuissy, greffière d'audience, M. Terme a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Robiquet, représentant Mme A, qui reprend ses conclusions par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Fournier, représentant le département du Pas-de-Calais.

La clôture de l'instruction a été reportée au 11 février 2025 à 14h en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon elle, à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision du 8 novembre 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais lui a retiré son agrément en qualité d'assistante maternelle, Mme A fait valoir que celle-ci lui interdit de travailler et engendre donc une perte de revenus, alors que ses charges mensuelles incompressibles s'élèvent à 1 084,74 euros et que son époux perçoit seulement une allocation chômage de 983,01 euros. Toutefois, ainsi que le fait d'ailleurs valoir le département en défense, Mme A, qui n'a pas la qualité d'agent public, produit seulement à l'appui de cette affirmation une facture d'électricité d'une montant de 410,12 euros pour le mois de décembre 2024, et ne justifie ainsi ni des charges qu'elle allègue, ni des ressources de son époux, ni de celles de ses enfants majeurs et dont il n'est pas contesté qu'ils résident à son domicile. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Pas-de-Calais la somme que Mme A demande sur leur fondement. Il y a lieu en revanche de faire droit aux conclusions présentées à ce titre par le département et de mettre à la charge de cette dernière une somme de 800 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Mme A versera au département du Pas-de-Calais une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au département du Pas-de-Calais.

Fait à Lille, le 18 février 2025.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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