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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2501022

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2501022

mardi 25 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2501022
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant turc, afin d'enjoindre au préfet du Nord de lui remettre son titre de séjour. Le préfet a fait valoir qu'une décision favorable avait été prise et que le titre avait été fabriqué, mais que le requérant ne s'était pas présenté au rendez-vous de remise. Le juge a constaté que la mesure demandée avait perdu son utilité, le préfet ayant invité M. A à reprendre rendez-vous après la requête. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction et rejeté le surplus des demandes, tout en admettant provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2025, M. A, représenté par Me Marseille, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de le convoquer pour lui remettre son titre de séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ou, dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de cette aide, de mettre à la charge de l'Etat la même somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2025, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'une décision favorable a été prise le 6 juin 2024, qu'une carte de résident a été fabriquée et que le requérant a été invité à prendre rendez-vous pour le récupérer mais qu'il ne s'y est pas rendu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turc né le 4 décembre 1975, est entré régulièrement en France le 1er octobre 1986. Il a sollicité le renouvellement de sa carte de résident valable du 10 décembre 2013 au 9 décembre 2023. Il a bénéficié à ce titre de récépissés dont le dernier a expiré le 5 septembre 2024. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de le convoquer pour lui remettre son titre de séjour.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

3. En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

5. Il résulte de l'instruction que le préfet du Nord a pris une décision favorable, le 6 juin 2024 sur la demande de M. A et a mis en fabrication, le 19 juin 2024, sa carte de résident valable du 10 décembre 2023 au 9 décembre 2033. Il soutient qu'il a convoqué le requérant pour la remise de son titre et que celui-ci ne s'est pas rendu à ce rendez-vous. Si le requérant établit qu'il a relancé la préfecture pour obtenir son titre et fait valoir qu'il n'a pas eu de réponse, il n'est pas contesté que le préfet l'a invité, à la suite de la requête à reprendre rendez-vous afin de lui remettre son titre. La mesure demandée a donc perdu son utilité à la suite de la requête. Il n'y a plus lieu d'y statuer

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, la somme demandée en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fins d'injonction de la requête de M. A.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 25 mars 2025 .

Le juge des référés,

Signé,

D. Perrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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