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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2501839

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2501839

lundi 17 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2501839
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante camerounaise, qui demandait la suspension du refus de renouvellement de son titre de séjour pour raisons de santé. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (vices de procédure, méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, erreur manifeste d'appréciation) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision préfectorale. La condition d'urgence n'a pas été examinée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 février 2025, Mme A B, représentée par Me Rochiccioli, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 21 janvier 2025 par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour ;

- la décision attaquée :

- est entachée de vices de procédure :

* faute de production du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et de l'avis de ce collège

* en l'absence de démonstration que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège ;

* faute de démonstration de ce que les membres de ce collège ont été régulièrement désignés et ont délibéré collégialement ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne peut bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié au Cameroun ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 12 mars 2025, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 21 février 2025 sous le numéro 2501844 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 12 mars 2025 à 13h45 tenue en présence de M. Potet, greffier d'audience, M. Terme a lu son rapport et entendu les observations de Me Rochiccioli, représentant Mme B, qui reprend ses conclusions par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Mme B, ressortissante camerounaise née le 30 décembre 1980 à Billon, est entrée en France en juillet 2017. Elle a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " pour raisons de santé jusqu'au 6 décembre 2019, puis d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 5 juin 2020 au 4 juin 2022 renouvelée jusqu'au 18 décembre 2024. Le 4 septembre 2024, elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 21 janvier 2025, le préfet du Nord a rejeté cette demande et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision portant refus de titre de séjour.

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que demande Mme B sur leur fondement.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 17 mars 2025.

Le juge des référés,

Signé

D. TERME

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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