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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2501981

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2501981

lundi 3 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2501981
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante afghane, qui demandait la délivrance d'un titre de séjour ou d'une attestation de prolongation d'instruction. Le juge a estimé que la demande de délivrance d'un titre de séjour était irrecevable car relevant du principal, et que la condition d'urgence n'était pas caractérisée pour l'attestation, faute de démonstration d'une atteinte grave et immédiate à ses droits (notamment au travail). La décision s'appuie sur les articles L. 511-1, L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 février 2025, Mme A B, représentée par Me Nataf demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour ou tout autre document qui lui permettra d'être maintenue dans ses droits et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais "Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme B, ressortissante afghane née le 15 juin 1995, indique avoir sollicité le renouvellement du titre de séjour qu'elle détient en qualité de membre de la famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire, valable jusqu'au 7 août 2023. Elle a été munie d'une attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 27 février 2025. Elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour et doit être considéré comme demandant à titre subsidiaire qu'il soit enjoint à cette autorité administrative de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre.

3. D'une part, le juge des référés statue, en vertu de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, uniquement par des mesures provisoires. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de délivrer un titre de séjour, équivalentes à celles qui pourraient être présentées dans un recours en annulation, ne peuvent qu'être rejetées.

4. D'autre part, en distinguant les deux procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles sont subordonnées l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Par ailleurs, ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

5. Pour justifier de l'urgence qui s'attache selon elle à ce que lui soit délivrée une attestation de prolongation d'instruction, Mme B se borne à indiquer que l'absence de délivrance de ce document la place dans une situation irrégulière et porte atteinte à son droit de travailler. Toutefois, elle ne démontre ni qu'elle ait exercé une activité professionnelle, ni qu'elle soit en cours de démarches pour en exercer une à très brefs délais. Par ailleurs, eu égard à l'existence d'une procédure de recours à caractère suspensif contre les mesures d'éloignement, la seule circonstance que l'intéressée puisse faire l'objet d'une mesure d'éloignement n'est pas par elle-même de nature à caractériser une situation d'urgence. Mme B n'établit pas non plus qu'elle soit concrètement et effectivement privée de droits ou de ressources par l'effet de la décision implicite de rejet de sa demande de titre. Au demeurant, elle n'établit pas non plus qu'elle ait demandé l'annulation de cette décision, intervenue depuis plus d'un an. Elle ne justifie donc pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier à très bref délai de mesures pouvant être ordonnées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lille, le 3 mars 2025.

Le juge des référés,

Signé,

D. Perrin

Pour expédition conforme,

La greffière,

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