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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2502211

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2502211

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2502211
TypeDécision
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme B, ressortissante marocaine, qui sollicitait qu’il soit enjoint au préfet du Nord de lui fixer un rendez-vous pour enregistrer sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que le refus d’enregistrement constitue une décision administrative faisant obstacle à l’exécution de laquelle le référé mesures utiles ne peut être utilisé. Seule l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle a été accordée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mars 2025, Mme A B, représentée par Me Laazaoui, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui fixer un rendez-vous en préfecture aux fins d'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de délivrance d'un récépissé, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que l'absence de rendez-vous pour déposer sa demande de titre l'empêche de régulariser sa situation et par voie de conséquence ne lui permet pas d'accéder à un emploi alors qu'elle dispose d'une promesse d'embauche

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2025, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requérante devait demander un regroupement familial et que sa demande ne pouvait donc qu'être rejetée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référés régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celles refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Mme B, ressortissante marocaine née le 2 mars 1988, a sollicité le 6 juin 2024, un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui fixer un rendez-vous en préfecture aux fins d'enregistrement de sa demande de titre et de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour.

5. Il résulte de l'instruction que Mme B a sollicité un rendez-vous pour déposer une demande de titre et a joint à sa demande l'ensemble des pièces mentionnées dans le formulaire de demande. Son dossier doit donc être considéré comme complet, ce que ne conteste pas le préfet en défense. Le refus d'enregistrement de sa demande constitue donc une décision susceptible de recours. Par suite, sa demande sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative fait obstacle à l'exécution de cette décision et ne peut donc qu'être rejetée.

6. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de rejeter le surplus des conclusions de la requête de Mme B dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Une copie en sera adressée pour information au préfet du Nord

Fait à Lille, le 7 avril 2025

Le juge des référés,

Signé

D. Perrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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