Le Tribunal Administratif de Lille, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... contestant le rejet de son recours pour un droit au logement opposable. La juridiction constate que la requérante, après avoir été mise en demeure de motiver sa demande, n'a pas régularisé sa requête en présentant une argumentation suffisante. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, qui permettent le rejet pour défaut manifeste de motivation.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2025, Mme B... A... conteste la décision du 3 avril 2025 par laquelle la commission de médiation du Nord a rejeté son recours en vue d’une offre de logement dans les conditions prévues au II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation.
Par une lettre en date du 2 octobre 2025, le tribunal a invité Mme A... à motiver sa requête dans un délai d’un mois en lui adressant le formulaire prévu par l’article R. 772-6 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 772-6 du même code qui en vertu de son article R. 772-5 sont applicables aux requêtes relatives aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale ou du logement : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ».
3. En l’espèce, Mme A... s’est bornée à produire la décision de la commission de médiation rejetant son recours pour le droit au logement opposable, sans toutefois assortir cette production d’une requête comportant l’exposé de faits, de moyens et de conclusions. Par une lettre du 2 octobre 2025, dont elle a accusé réception le 10 octobre 2025, la requérante a été invitée à régulariser sa requête dans un délai d’un mois en retournant un formulaire pré-rempli lui permettant de soumettre au tribunal une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits. Ce courrier, qui comportait la mention suivant laquelle sa requête serait rejetée à défaut de régularisation, est resté sans réponse. Par suite, en ne régularisant pas sa requête dans le délai imparti, les conclusions de Mme A... doivent être regardées comme étant manifestement insuffisamment motivées et rejetées, en application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A....
Fait à Lille, le 23 mars 2026.
La présidente de la 5ème chambre,
Signé
J. Féménia
La République mande et ordonne au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,